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15/06/2007

Le kit d'euthanasie: pas une plaisanterie!

 

Plusieurs amis se sont étonnés de mon blog sur l’euthanasie et de son mode d’emploi. Certains pensaient qu’il s’agissait d’une prophétie. D’une vision pessimiste de l’avenir. Et bien non ! Le kit d’euthanasie existe bel et bien. Il suffit d’interroger une pharmacie socialiste ainsi que je l’ai fait tout à l’heure. « Oui, m’a répondue la pharmacienne  (pharmacies populaires liégeoises). Nous pouvons disposer du kit d’euthanasie dont vous me parlez. Il s’agit bien de l’administration de pentothal pour anesthésier le patient et de curare pour le tuer par arrêt respiratoire. Aucun médecin ne nous en a fait la demande. Je pense que la méthode est lourde et demande une intervention personnelle devant laquelle le praticien recule. Ils semblent préférer l’administration de dormicum et de morphine. » Interrogé le responsable des généralistes du coin a exprimé sa surprise. Il n’a jamais entendu parler d’un confrère qui aurait pratiqué une euthanasie brutale dans le sens prévu par la loi. Souvent, il s’agit de soulager la souffrance d’un malade en fin de vie. On augmente les doses de morphine en prenant le risque qu’elles finissent par être létales. Il ne s’agit pas d’euthanasie. Tout au plus d’orthothanasie, ce qui a toujours été considéré comme tout à fait légal et compassionnel. Nous refusons l’acharnement thérapeutique. Par exemple alimenter par sonde un patient dans le comas. Le cas du patient polonais qui se réveille après plusieurs années doit tout de même nous faire réfléchir. L’euthanasie sensu stricto c’est un meurtre, c’est à dire selon Robert, l’action de tuer volontairement un être humain. Habillons ce meurtre de tous les euphémismes dont notre société est friande, cela reste un meurtre. Pourquoi avoir peur des mots ? Je suis là au chevet de mon patient ; je branche un dispositif et je le déclenche. Après quelques minutes, il est mort. C’est un meurtre. Quand j’essaye de soulager les souffrances de quelqu’un et que  j’atteins la dose mortelle, c’est un choix. Mon but n’est pas de le tuer mais de soulager sa souffrance. Je suis dans la ligne d’Hippocrate : « Sedare dolorem divinum opus » (Soulager la souffrance est une œuvre divine). C’est peut-être sa plus belle sentence. Elle résume toute la médecine. Le kit d’euthanasie et toutes les palinodies autour de l’euthanasie me semblent bien suspects. C’est l’autorisation de tuer donnée à certains médecins, à certaines institutions. C’est  le point de départ de la liquidation des incurables, des vieux, des anormaux, des fous, des déprimés (c’est commencé) des opposants politiques. Quand on en est là, il n’y a plus aucun respect de la vie. Il n’y a qu’en Belgique et qu’en Hollande que l’euthanasie a commencé. Le conseil de l’Europe l’a repoussée après des débats longs et circonstanciés. Un argument inattendu des opposants : comment accepter l’euthanasie alors que nous voulons abolir la peine de mort ? N’y a-t-il pas des criminels incurables que l’on pourrait euthanasier en fonction de cette loi ?  Clausewitz

 

23:58 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

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