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10/07/2007

Florence Griffith-Joyner, la dopée?

Florence Griffith-Joyner, la dopée ?

 

10 juillet 2007

 

 

L’histoire du dopage est parsemée de drames, d’accusations non fondées, de soupçons et  de tricheries.

 

Florence Griffith-Joyner, la sprinteuse aux ongles tourneboulés de 15 cm (elle peignait ses trois premiers doigts en rouge, blanc, bleu et les deux derniers en or) et aux bodys fluos, pulvérisa les records du monde du 100 et du 200 mètres aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988. N’ayant plus rien à prouver (ses records n’ont pas encore été battus), elle arrêta l’athlétisme pour se consacrer à la mode. Ses vêtements excentriques et bariolés lui avaient valu un succès énorme. On la soupçonna de dopage aux anabolisants. Non pas sur des résultats d’analyse mais sur son développement musculaire  excessif pour les journalistes à sensation. Rappelons que c’est à Séoul que fut disqualifié, après avoir battu le record du monde du 100 mètres, Ben Johnson, juste devant l’Américain Carl Lewis. Nous en avons déjà parlé. Concernant Griffith, pas la moindre preuve de dopage et arrêt de la compétition pendant 10 ans. Le 21 septembre 1999, elle est retrouvée morte dans sa maison de Mission Viejo en Californie. C’est son mari Al Joyner, qui appelle le sheriff d’Orange County : « Elle ne répond plus et ne respire plus » dit-il. On pratique une autopsie. Le diagnostic : asphyxie sur crise d’épilepsie. À noter : Florence Griffith avait eu une crise cardiaque lors d’un vol vers Détroit en 1996. Voilà tout ce que l’on sait d’elle concernant le dopage. Lors de son décès, la presse mondiale ne fit pas le détail. Elle était morte du dopage ! Pas un journaliste pour s’interroger. Une telle vedette, avec des ongles de 15cm, une jambe gainée de vert et l’autre nue, cela ne pouvait que se doper ! Personne ne se posa la question de la relation entre le dopage et la mort  dix ans après l’arrêt de la compétition. Personne ne mentionna les résultats de l’autopsie. Personne pour s’interroger : à Séoul, on venait de coincer Ben Johnson pour dopage à la nandrolone, pourquoi n’aurait-on pas analysé les urines de la championne ? Pas une seule réflexion. Sans état d’âme, on recopia le texte des agences. Depuis lors, Florence est classée dans les infâmes dopés. Dans la LLB de samedi, un article sur le dopage avec les photos du pauvre Ben Johnson, de Richard Virenque, de Justin Gatlin et, évidemment, de Florence Griffith avec la mention « décédée à l’âge de 39 ans » sous entendu « du dopage ».

 

Encore une fois, personne ne proteste. L’opinion publique est façonnée dans des officines spécialisées que l’on recopie sans le moindre sens critique. Qui disait que dans le blason des journalistes il y avait un pot de colle et des ciseaux ?  Clausewitz

 

10:05 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

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