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17/07/2007

L'excision en Belgique

L’excision en Belgique

 

17 juillet 2007

 

 

Comme promis, voici les premiers résultats de ma recherche sur l’excision en Belgique. D’après Els Leye, chercheuse à l’université de Gand[1], il y a chez nous 2745 femmes excisées. Les jeunes filles à risque de l’être sont au nombre de 534. Elles viennent surtout du Ghana, du Congo et de la Guinée. Le chiffre est sous évalué, ajoute Els Leye, parce que les demandeurs d’asile et les illégaux ne figurent pas dans les statistiques[2]. Les mutilations sexuelles sont punies au maximum de 7 ans de prison. Aucun procès n’a encore eu lieu.  Nous avons cherché à savoir pourquoi. Les annales parlementaires (nos lecteurs peuvent les consulter[3]) reprennent les question de Hilde Vautmans à la ministre de la justice Laurette Onkelinkx : 1) Combien de personnes ont-elles été condamnées pour excision ? 2) Même question pour les personnes qui ont aidé à la pratiquer. 3) Combien de parents ont-ils été condamnés pour ces faits ?

 

                 La réponse de la ministre est exemplaire. Elle énonce point par point, c’en est presque comique, tout ce que le dossier noir de la condition de la femme reproche aux gouvernements européens. La place me manque pour reprendre  le texte entier, (consulter ci-dessous 2).  Reprenons les points importants : 1) les faits relèvent de l’article 409 du code pénal. 2) Je ne dispose pas du chiffre des condamnations (Els Leye, voir ci-dessus, est mieux renseignée, zéro condamnations) 3) Un service de police criminelle est chargé de dresser la nomenclature des infractions, elle n’est pas mise à jour. 4) Il faudrait informer les communautés africaines et les soignants surtout les médecins. (Rien n’est fait). 5) Il s’agit de communautés fermées. Les poursuites sont difficiles. 6) Il convient de respecter les us et coutumes des immigrants. (Et si on leur coupait un bras, on ne devrait pas réagir non plus ? dit le livre noir) 7) Il faut compter avec la pression sociale de ces communautés qui seraient choquées si on faisait quelque chose. 8) Si on condamnait les parents qui ont déjà tant de peine à s’intégrer, ils seraient encore plus en difficulté.  9) La ministre est de très bonne volonté mais les obstacles sont innombrables.

 

            Et voilà le poulet ! Fallait-il attendre autre chose d’un tel ministre ? Tout est belge dans cette réponse : en retard d’un guerre dans tous les problèmes ; obsédée par le spectre du racisme ; incapable de sortir la tête de son cloaque politique et de se poser les bonnes questions. La Belgique est à classer, comme les pays d’Afrique au rang des pays exciseurs puisque l’on ne poursuit personne. Faut-il oui ou non combattre ce fléau ? Les Français ont répondu oui.[4] Ils ont criminalisé les mutilations sexuelles. Elles relèvent désormais de la cour d’assise. Il y a eu des poursuites et des condamnations. Elles ont eu un immense effet éducatif. Des exciseuses ont compris la leçon. Plusieurs d’entre elles sont devenues des zélatrices de l’antimutilation. Il y a encore des excisions en France, mais leur nombre est en chute libre. Il n’y en a plus une seule en Seine St Denis,  le foyer le plus important. Toutes nos salutations au deux parlementaires flamandes qui ont eu le courage de soulever ce problème devant notre chambre endormie. Clausewitz

 



[1] Lors d’une journée d’action contre les mutilations féminines « Les femmes ont aussi le droit de jouir de leur sexe » organisée par les parlementaires Hilde Vautmans (Open Vld)et Magda De Meyer (Sp.a) le vendredi 11 mai 2007 à la salle des Congrès du parlement fédéral

 

[2] Els Leye dispose de statistiques dont la ministre ne semble pas avoir connaissance.

[3] « Excision en Belgique » questions et réponses écrites du 18 mai 2007 du membre Hilde Vautmans au ministre de la justice (Laurette Onkelinkx)

 

[4] Le dossier noir de la condition de la femme. Christine Ockrent. Éditions XO. Paris 2006

 

09:49 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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