Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

18/07/2007

On peut réparer les dégâts de l'ecision

On peut réparer les dégâts de l’excision

 

18 juillet 2007

 

 

D’après l’OMS, 65 millions de femmes souffrent de fistule vésico vaginale consécutive à l’excision. Elles meurent souvent en couche ou sont chassées de leur communauté et vont s’éteindre au loin exclues de leur village. Pierre Foldès, chirurgien, est en Afrique avec l’OMS. Il tente de réparer les dégâts ci-dessus quand il est consulté par des femmes excisées qui se plaignent surtout de douleurs. Les mutilations sexuelles font mal, très mal. Elles rendent la vie impossible. C’est d’opération en opération que Foldès prend conscience qu’une  mutilation sexuelle peut être réparée. Il opère d’abord dans la clandestinité. Il n’est pas question pour l’OMS de se mouiller dans cette affaire délicate. Il opère ensuite simplement dans la discrétion. Mais c’est encore trop. Il est mal vu par les autorités religieuses et les maris inquiets. Il est obligé de repasser en France où il ouvre, à Saint Germain en Laye, une petite clinique de restauration de l’excision. Il a découvert la technique opératoire après avoir constaté qu’une partie du clitoris restait enfouie et était toujours innervée. Dans quatre vingt pour cent des cas, il réussit à remodeler un clitoris parfaitement fonctionnel. Il n’y avait rien dans les manuels de médecine (on n’y parle que du pénis) et rien chez les gynécologues. Outre le machisme du monde médical, cette chirurgie a deux freins : elle ne rapporte guère, les patientes étant le plus souvent très pauvres, et elle peut occasionner des menaces. Pierre Foldès a  obtenu qu’elle soit remboursée par la sécurité sociale et a formé quelques collaborateurs jeunes et dynamiques qui opèrent en France et bientôt en Afrique.

 

Pierre Foldès continue : « Les femmes africaines que je reçois jugent que les hommes sont les véritables responsables des mutilations, même si l’excision passe techniquement par les femmes. C’est un crime des hommes, qui sacrifient la sexualité de leur femme pour mieux la contrôler. »

 

C’est la parole des femmes qui libérera les femmes des mutilations sexuelles. Une femme mutilée, c’est comme une femme battue ou violée : elle se tait. J’ai trois défauts ajoute Foldès : je suis un homme, je ne suis pas Africain et je suis blanc. Il faut que les femmes elles-mêmes se lèvent et parlent.

 

En Belgique, le ministre de la justice est une femme. Elle fait semblant de ne pas comprendre. Qu’attendent tous les parlementaires féminins belges pour se lever contre cette horreur ? Clausewitz

 

 

 

Sources 1) MSN action solidaire – Coup de gueule 12/07/2007. (Actionssolidaires.msn.fr)

 

2) Le Livre noir de la condition des femmes. Christine Ockrent. XO. Paris 2006

 

06:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.