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11/02/2008

Pas un maravédis su Air France

Pas un maravédis sur Air France. 11 février 2008

 

 

   Petite pièce en cuivre de l’Espagne ancienne, le maravédis, un peu comme nos cents d’euro, est synonymes de non valeur. Si vous êtes boursicoteur, ne risquez rien, pas même un maravédis, sur la société Air France. Elle ne fera pas de vieux os. Gérée en dépit du bon sens, exactement comme la  Sabena et les autres compagnies aériennes européennes disparues, Air France fait encore illusion chez ceux qui n’ouvrent jamais les yeux. Air France, c’est le royaume de la grève. Maintenant les contrôleurs du ciel, naguère les balayeuses (les techniciennes de surface), le personnel de cabine, les pilotes, le personnel d’entretien, il y a toujours une branche de la compagnie pour faire grève. C’est à dire pour faire ch… les passagers. « Non ! Nous ne les prenons pas en otage ! » jurent-ils. N’empêche que, comme par hasard, les grèves ont toujours lieu au moment des grands retours ou des grands départ en vacance. Les scènes se renouvellent : des passagers épuisés, affalés sur leurs bagages dans la salles des pas perdus (la bien nommée), des mamans qui cherchent à chauffer un biberons, à changer le petit, à trouver un coin pour le faire dormir ; pendant que les papas sont à la recherche de renseignements que l’on met un malin plaisir à ne pas leur donner. Les passagers endurent tout. Pas toujours avec le sourire. Quand ce sont les aiguilleurs du ciel, toutes les compagnies sont pénalisées. À Roissy, à Orly, c’est le grand foutoir. Et c’est toujours à recommencer. Comme le patron c’est l’État et que le droit de grève c’est sacré, le gouvernement recule toujours et les grèvomanes demeurent impunis. Ils le seront encore longtemps. Attention, en Belgique, un petit espoir s’est levé. Une compagnie a assigné les grévistes de Charleroi en dommages et intérêts. Ils devraient se partager la sanction de plusieurs dizaines de milliers d’euros. « C’est de la triche ! » disent les grévomanes, « et le droit de grève alors ? » pleurnichent-ils. Ce sacro saint foutu droit de grève au nom duquel,  depuis un siècle, on a commis tant d’abus.

 

 

   Et c’est vrai ! Le droit de grève c’est sacré ! Il a permis de grands progrès à l’humanité exploitée. Il y eut des grèves héroïques, avec les gendarmes qui tiraient dans la foule. Mais ce n’est plus de cela qu’il s’agit. Actuellement, ce sont des grèves de fonctionnaires privilégiés à qui tout est permis. Qui nous délivrera des fonctionnaires ? Maggy Thatcher a privatisé les chemins de fer. On l’a assez critiquée. Mais qui la critiquait ? Les fonctionnaires des TV publiques ou parapubliques. Quand il y a un accident à la SNCB, et il y en a, personne ne dit que c’est à cause du service public. Quand c’est en Grande Bretagne, les sycophantes hurlent à la privatisation. Les fonctionnaires ont tous les droits. Le plus souvent, ils réussissent à faire grève et à être payés. Il suffit de placer un piquet à l’entrée et de dresser la liste des braves ploucs « qui veulent travailler mais en sont  empêchés par les affreux du piquet. » Ils sont repris comme chômeurs et payés intégralement. J’ai assisté à tout cela. Une fois, à Herstal, ils ont fait tenir le piquet par un débile en chaise roulante. Un fonctionnaire notait ceux que l’on empêchait de travailler. Était-ce vraiment nécessaire ? Même le bourgmestre était avec eux.

 

 

Si les compagnies ne persistent pas à demander des dommages et intérêts pour les grèves sauvages, pourquoi ne pas créer une association d’usagers qui se porterait partie civile ? La cotisation pourrait être comprise dans le prix du billet, comme l’assurance annulation. Why not ?

 

 

                                                                    Clausewitz

 

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