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12/02/2008

La leçon des Marocains à nos fonctionnaires

La leçon des Marocains à nos fonctionnaires

 

12 février 2008

 

 

Impossible d’encoder les certificats de décès et les actes de naissance. L’administration wallonne a dix ans  de retard sur sa consoeur flamande qui est à jour. Devant l’inertie de ses services, Catherine Fonck est obligée de s’adresser au privé (tant honni) en l’occurrence une firme dont le siège social est à Casablanca au Maroc. Il a suffit au privé marocain de quelques semaines pour rattraper l’arriéré d’encodage.  Toute le monde se scandalise : au privé ! Horreur ! « Nous sommes trop peu nombreux ! Nos machines sont obsolètes ! Nous     avons trop de malades ! On ne nous donne pas les moyens de faire notre travail ! » Et nani nanère. Une jeune fille, Cécile, en stage dans l’administration de la justice, faisait, récemment, son travail au mieux pour être bien notée . Elle fut rapidement remise à sa place : « Calme-toi ! Tu vas gâcher le boulot ! Ici on travaille lentement ! Tu as compris ? » Les médecins peuvent le confirmer. Ils ont tous en traitement des fonctionnaires malades de ne rien faire.

 

            « Vous croyez que c’est rigolo docteur, d’arriver au travail le matin et de devoir, pendant huit heures, faire semblant de travailler ? Car si, ostensiblement, les pieds sur le bureau, vous lisez des romans policiers, le chef va vous apostropher. Ce n’est pas qu’il veuille vous faire travailler, il s’en fout complètement : il exige que vous ayez l’air de travailler. On ne sait jamais, si un inspecteur arrivait. On ne peut pas jouer sur internet (on n’est pas branché ADSL), mais on peut faire des réussites, jouer à OXO ou aux échecs. »

 

 Cela rend malade plus d’un fonctionnaire. Ils sont souvent dix pour faire le travail d’un seul. Ils ont obtenu la place par  piston. Ils font parfois deux heures de train chaque jour pour rejoindre leur bureau. Je connais des gens qui vont quotidiennement à Bruxelles pour ne rien faire. Tout le monde a dans sa famille un fonctionnaire malade de son inaction. Récemment, un employé de mutuelle me disait : « Parfois ça me révolte de ne rien faire ici  alors que j’ai tant de travail à la  maison. » En définitive, le seul boulot des fonctionnaires c’est de renvoyer l’ascenseur à leur pistonneur au moment des élections.  

 

 

            Le problème de la fonction publique c’est qu’il faut quand même, finalement, que le travail se fasse. Il y a l’arriéré judiciaire par exemple : on finit par ne plus poursuivre parce qu’on est noyé par le retard. Catherine Fonck a peut-être trouvé la solution miracle. On continuerait de payer les fonctionnaires. Ils suivraient leur plan de carrière. Pour économiser l’énergie (déplacements, chauffage des locaux) ils resteraient chez eux. Le travail, on le ferait faire par des sous traitants privés marocains ou mieux indiens. Ils sont encore plus forts en informatique. Nous avons un million de fonctionnaires inertes. Peut-être qu’avec 40000 Indiens sous payés, on pourrait faire le travail ?

 

 

                                                                       Clausewitz

 

10:04 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

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