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25/02/2008

La jactance française

La jactance française

 

Le 25 février 2008

 

 

Avant le match contre Anderlecht, les Bordelais criaient :

 

 

-  Nous n’en ferons qu’une bouchée ! 

 

- Ce sont les nains de la compétition !

 

- Il est inutile d’aligner nos vedettes, nous allons les battre 5-0 !

 

C’est cela la  jactance française. En 40 : « nous gagnerons parce que nous sommes les plus forts. À Dien Bien Phu : « Le Viet, nous le casserons quand il descendra des  collines ». À Waterloo, ils n’eurent pas assez de jambes pour foutre le camp quand les Prussiens débouchèrent dans la plaine[1]. À Crécy, en 1346, le roi Philippe VI fit balayer ses archers génois qui gênaient la charge de sa cavalerie. Dix ans  plus tard, à Poitiers, les armées des généraux français se débandèrent au moment où le Jean le Bon décidait de se lancer dans la bataille.  Le Roi fut fait prisonnier. À Azincourt, en  1415, 45000 chevaliers français, empêtrés dans les flaques d’eau furent démontés par les archers gallois et égorgés au sol par les coutiliers qui glissaient leur lame dans le col des armures. Les Anglais étaient au nombre de 6000. Avant ces batailles, tout ce beau monde jactait à qui mieux mieux et n’allaient, comme nos Bordelais, faire qu’une bouchée de ces pouilleux d’Anglais qui n’avaient pas de cavalerie.

 

Quand un Français se met à  jacter, soyez tranquille, il va perdre. Il va chausser ses lunettes de bois et prendre toutes les mesures utiles à sa défaite. En 40, le général Gamelin et l’école de guerre professaient : « Les Ardennes sont impénétrables par les chars ![2] » Quand les avions de reconnaissance de la IXième armée, repérèrent les panzers en colonnes sur les deux rives de la Semois, le quartier général leur fit demander s’ils avaient  bien mis leurs lunettes et ne les crut simplement pas. Quand on fit savoir à l’état major à Paris qu’il y avait des panzers à Sedan sur la rive gauche de la Meuse, Gamelin répondit que c’était certainement des  éléments égarés (sic). On connaît la suite.

 

Je ne suis pas footballomaniaque, mais devant la jactance des Bordelais, j’ai regardé le match avec délice et j’ai constaté, une fois de plus, que la jactance française, une et indivisible depuis Vercingétorix, était toujours au rendez-vous d’une défaite souvent honteuse.

 

 

                                                                                     Clausewitz

 



[1] « Sous les sabres prussiens ces vétérans, ô deuil, tremblaient, pleuraient, hurlaient, couraient » Waterloo, de Victor Hugo.

[2] Autre déclaration de l’école de guerre en 1938 : « Quant aux parachutistes, Messieurs, vous avez compris qu’il s’agissait d’une plaisanterie ! »

 

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