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30/09/2009

L'ère du galimatias

L’ère du galimatias[1]

 

Après l’élégance du Hérisson, je termine « La vie parfaite » de Catherine Millot. (Gallimard, collection l’infini, « Sous la direction de Philippe Sollers » Paris 2006.) Même éditeur, même galimatias. Le galimatias semble excellent pour les ventes. Le Hérisson a franchi le million d’exemplaire. J’ai rencontré hier Martine, une infirmière française. Ses collègues lui ont dit qu’il fallait absolument lire le Hérisson. « Faut s’accrocher au début, mais c’est BIEN ! » Elle crut abandonner. Elle ne comprenait rien. Mais elle a continué, « pour les copines ». « Si on laisse tomber les salades me dit-elle, c’est une jolie petite histoire, un conte de fée avec une concierge géniale qui tombe amoureuse d’un Japonais richissime et fou de culture.  C’est le  roi et  la  bergère. »

 

« La vie parfaite », c’est, en plus fort, en plus dense, le même galimatias. La première partie Jeanne Guyon, c’est  la nuit totale. D’où vient-elle ? Où va-t-elle ? Nombreuses références à Thérèse d’Avila et à Jean de la Croix. Mais eux, ils écrivent dans la lumière même quand ils parlent de nuit obscure. Thérèse, c’est parfois difficile car son propos est élevé, mystique, mais c’est toujours intelligible. Catherine Millot c’est tout le temps incompréhensible. Avec cette impression désagréable qu’elle se moque du lecteur. Au détour d’une phrase, je lis « les plaintes de la sainte et les cris de la fée ». Cela ne veut rien dire dans le contexte, mais je sais que  c’est le dernier vers d « El Desdichado»  le célèbre sonnet de Gérard de Nerval[2]. Pas de référence, un simple clin d’œil à celui qui sait. Les autres vont se faire foutre.

 

Quand on a le courage de se taper ce pensum, on en sort vaguement groggy, assommé de phrases sibyllines et de notions plus sibyllines encore. Les deux autres parties, Simone Weil et Etty Hillesum sont presque compréhensibles, mais on ne prend pas la peine de vous dire d’où elles viennent, ni qui elles sont. Jeanne Guyon, c’est l’hermétisme total. Sainte Thérèse d’Avila, c’est la clarté du soleil, Guyon c’est le noir absolu, l’incompréhensible. Le texte semble volontairement ( ?) galimatiesque. Sous la direction de Philippe Sollers, peut-il en être autrement ?

 

Gallimard fait le pari du galimatias et cela marche. Voir le succès de l’élégance du Hérisson.

 

Pour mémoire, la phrase de Rivarol [3]« Ce qui n’est pas clair n’est pas français »

En quelle langue édite maintenant Gallimard ?

 

Clausewitz

 



[1] Galimatias texte confus, embrouillé, inintelligible. Robert

[2] Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé

  Le prince d’Aquitaine à la tour abolie…

[3] Discours sur l’universalité de la langue française.

14:52 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/09/2009

L'élégance du Hérisson

L’élégance du hérisson de Muriel Barbery Folio 2009.

 

Je viens de terminer ce livre. Il y a beaucoup à en dire. Je me suis cramponné au début parce que j’avais lu tous les ouvrages en référence. Je me demandais qui pouvait  bien avoir le courage de lire cette pédanterie. Et puis l’histoire, la vraie, commence, toujours entrelardée de références à St Augustin, à la phénoménologie d’Edmond Husserl confronté à Kant ; parfois à Platon, le banquet. Il y a les pantoufles. Le chien qui s’appelle Léon en souvenir de Tolstoï ; la petite fille, Paloma, pas en reste d’intellectualisme et puis ce monsieur Japonais qui comprend immédiatement pourquoi le klebs s’appelle Léon. En guise d’éloge funèbre d’un voisin, Renée articule la première phrase d’Anna Karénine, le brave Japonais, de mémoire, cite la deuxième. Renée tombe amoureuse de lui et lui idem. Mais elle se fait écraser par une camionnette : leur amour devient impossible. La petite fille ne se suicide pas. Grâce à Renée, elle redécouvre le sens de la vie.

Voilà ! Tout est artificiel et pédant. Réduite à sa plus simple expression, l’histoire est jolie. On m’a dit (?) que le film avec Josiane Balasko était émouvant mais qu’on n’y parlait pas de Paloma. Le mystère : comment un tel pensum peut-il arriver à 1 million d’exemplaire ? Et ça continue. Il est en folio, le poche de Gallimard. Je suis content de l’avoir lu. Tout le monde en parle. Tout le monde dit qu’il faut s’accrocher. Il n’y a pas un lecteur sur mille pour comprendre le blabla de Muriel Barbery mais cela ne fait rien, il faut le lire. C’est fait. Je suis fier de moi.

 

Clausewitz

10:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/09/2009

Télévision, le drame quotidien

Télévision, le drame quotidien

 

Il y a deux millions de durs d’oreille en Belgique. 20 % des auditeurs et peut être davantage. Les chaînes françaises ont toutes le sous titrage télétexte. Parfois Arte aussi. Les Belges et RTL que nenni. Ils se moquent de leurs téléspectateurs.

Plus grave, la façon de tourner un film ou de jouer une pièce de théâtre a dégénéré. Les acteurs, surtout les femmes, parlent tout bas en tournant le dos à la caméra où en se mettant la main sur la bouche. Regardez un ancien film : tout est compréhensible. Les acteurs articulent, regardent la camera et ne lui tournent pas le dos quand ils parlent. L’élémentaire quoi ! Bien oublié en cette curieuse période électronique où, grâce aux amplificateurs, tout le monde se croit dispensé de parler pour être compris. Dramatiquement vrai pour toute la communication. Essayez de comprendre le sermon du curé, il a la bouche à côté du micro. Dramatiquement est  fortement exagéré puisqu’il ânonne des phrases qui n’intéressent personne.

 

Ne parlons pas de la pub. Heureusement, les chaines françaises la suppriment dès 20 heures trente (merci Nicolas). L’horreur c’est RTL avec deux interminables (plus de cinq minutes) séries de pub plus stupides les unes que les autres au milieu de chaque film.

 

S’il faut sélectionner son programme : premier choix les Français, voire Arte ; deuxième choix les Belges et, loin derrière les Luxos qui, sans sous titrage, vous étouffent, vous noient, dans la publicité.

 

Je me suis abonné à une médiathèque et je compose mes programmes moi-même, sauf s’il y un bon film sur une chaîne française.

 

Clausewitz

10:59 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/09/2009

De Villepin: la déclamation

Villepin : La déclamation

 

Le XVIIIème siècle, que l’on dit « des lumières » fut en réalité, le siècle de la déclamation. C’est là que s’est arrêtée l’éloquence française  incarnée par Dominique de Villepin. Son plus beau discours déclamatoire fut celui à l’ONU contre la guerre en Irak. Avec des périodes, des formules ampoulées, des phrases pour  glaner des bonnes notes au bac. L’éloquence (cf.  Démosthène) c’est l’art de convaincre un jury, une assemblée, un comité. Ce n’est en aucun cas ronronner comme la plupart des orateurs de la Révolution. Avec l’affaire clearstream, il se surpasse. Il n’y a que Ségolène pour le battre en truismes. Le procès clearstream est obsolète. Les jeux sont faits. De Villepin s’accroche, prend des poses avec son sourire inoxydable.

Le grand bénéficiaire est Nicolas Sarkozy. Pendant qu’on parle de clearstream on ne parle pas de sa politique. C’est un leurre de plus, comme son divorce, son mariage, son élégante épouse.

 

Les déclamations ségoléniques de de Villepin sont nulles et non avenues. Pendant ce temps-là le PS continue de couler, de se noyer, de disparaître… Ce n’est pas beau ça ?

 

Clausewitz

13:48 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/09/2009

tempêtes dans le verre d'eau français

La France a la spécialité des grosses vagues dans son petit verre d'eau. Tout récemmment Brice Hortefeux a été soumis à un feu d'enfer pour avoir dit simplement "quand il y en a un ce n'est rien,  quand ils sont nombreux cela pose problème". De plus il aurait dit cela dans une incidente et sur le ton de la plaisanterie. Maintenant, Nicolas Sarkozi embarqué dans un procès où il veut prouver qu'il a été calomnié par de Villepin dans l'affaire Clearstream dit simplement que les coupables doivent être punis par la justice. Aussitôt, la meute de chiens (comme disait Mitterand) se met à hurler à la présomption d'innocence. Etr cela cause, cela blablatte, ils sont pour, ils sont contre et on vous passe des heures de TV à disséquer RIEN. Du moment qu'on parle, tout le mende est content.

En Belgique où on ne connaît pas cette langue (tout le mondes dit "j'ai facile". La RTB parle de virage à 360 degrés) pas de danger que l'on fasse de l'exégèse sur la déclaration d'un ministre. Ils disent n'importe quoi et le lendemain le contraire. Personne ne le leur fait remarquer. D'ailleurs les Belges s'en moquent. Ils n'y croient plus depuis longtemps. Ils vont voter parce que c'est obligatoire. Tout le monde triche, mais nous en avons pris notre parti (sans jeu de mot). Nous sommes sans illusions.

10:26 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)