Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

08/10/2009

Galimatiomogie

Toujours le galimatias.

 

Je commence à me demande sérieusement si la galimatiologie n’est pas devenue le mode d’expression de notre époque. Quand vous regardez un film, le plus souvent, d’entrée vous ne comprenez rien. Vous êtes dans un immense bureau inconnu. Un monsieur se sert un café. La machine crachote. Une accorte demoiselle vient lui expliquer qu’il s’y prend mal. Il  a des taches sur sa chemise. Il doit voir le directeur, une gros bonhomme antipathique qui l’engueule parce qu’il n’a pas encore la réponse à la question qu’on lui a posée. Deuxième tableau, le monsieur (vous n’êtes pas certain d’avoir entendu son nom (Bill ?) roule dans un taxi jaune. Premier indice, vous êtes à New York ! Résumé : Bill  est à NY dans un taxis jaune et son patron n’est pas content. La fille de la machine à café est adorable mais pas assez pour être l’héroïne attendue dans le générique. Embouteillage, engueulade avec d’autres chauffeurs, feux rouges, voitures de police qui font pimpon. Et voilà un quart d’heure de passé. Vous avez eu le temps d’aller faire pipi, de vous servir une tasse de café, de vous caler un autre coussin sous les fesses. Le taxi jaune fini par arriver quelque part. On l’attaque. Mitraillettes. Des hommes encagoulés (des méchants ?)  arrachent Bill du taxi en feu. Le chauffeur git ensanglanté sur son volant. La pauvre, il avait une femme et quatre enfants. Vous ne comprenez toujours rien. Cela va durer trois quarts d’heures avant que le brouillard ne commence (tout doucement) à se lever. Les explications viendront, par bribe et par morceaux, d’une ténébreuse fille qui, dans le noir presque total, murmurera, la main sur la bouche et en tournant le dos à la camera, qu’il faut se méfier de Joe qui est sûrement à l’origine de toute l’affaire. Elle n’a pas le temps de terminer : elle reçoit une balle dans la tête d’un tueur à lunette dans le building d’en face. Heureusement, dans sa main crispée, Bill, toujours lui, trouve un papier qui indique clairement la piste à suivre. Et cela va durer deux heures. Vous pouvez toujours piquer un petit somme, l’affaire n’aura guère avancé. Vous aurez raté des voitures qui font des cabrioles. On en est au sextuple saut périlleux au dessus d’une montagne de carcasses. On ne connaît le nom d’aucun acteur (sauf Bill), l’héroïne n’est pas encore là (ou vous l’avez ratée). Ils se ressemblent tous : des petits Chicanos mal rasés : Pedro, Peppino, Arthuro, parfois un noir pour faire politically correct.

Ça fait du bien quand ça s’arrête. Vous vous reprochez de ne pas vous être couché. De ne pas vous être occupé de Madame. Elle a tricoté toute la soirée (un peu ringard, non ?) ou elle a fait des sudokus. Vous êtes courbatu, vous dormirez mal, demain, vous aurez la migraine. En vous rasant, vous vous demanderez qui en voulait tant à ce pauvre Bill et vous râlerez de ne pas avoir vu Julia Roberts. Julia Roberts ? C’était à la chaîne voisine ! Vous dit votre femme.

 

Tous les soirs, deux heures de connerie, sans compter les deux fois cinq minutes de pub si vous êtes sur RTL.

 

Clausewitz

20:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.