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12/10/2009

Toujours le galimatias

Toujours le galimatias : la définition grammaticale de  l’article.

 

 

Définition de bon sens : petit mot qui définit le genre et le nombre du mot auquel il se rapporte.

 

Définition grammaticale moderne :

 

L'article est un item lexical qui grammaticalise n'importe quel autre item lexical en le faisant entrer dans la catégorie des noms en en exprimant le genre et le nombre.

 

Le galimatias triomphe ! Une femme d’ouvrage est une technicienne de surface, un sourd est un malentendant, un aveugle, un mal voyant. Le galimatias triomphe particulièrement en anatomie où, pour chaque élément il y a désormais trois termes distincts : le terme anatomique français, le terme latin (qui est employé dans le monde médical non francophone) et, depuis la dernières réforme, la traduction française du terme latin, différente du français original.  Exemple : le muscle « droit interne » est, en latin le « gracilis », en néo français, il devient le « gracile. » La veine saphène interne est devenue « la grande saphène ». Ce qui est rigolo, c’est que les chirurgiens qui sont les grands utilisateurs de termes anatomiques, continuent imperturbablement à parler en français. Confusion pour l’étudiant et pour le profane.

 

Le galimatias c’est la tour de Babel. Chaque petit chef veut sa nomenclature personnelle.

 

Dans les unités de mesure de la pression atmosphérique, nous avons eu droit aux mm de mercure. Trop simple! On nous a donné les millibars 760 mm de mercure = 1000 millibar, soit un bar. Trop simple encore! En 1986, on eut recours aux hectopascals.  Un hectopascal = un millibar. Voilà pourquoi vous n’entravez plus que dalle au blabla météorologique.

 

La fureur galimatiesque a surtout sévi en chimie médicale. On exprimait jadis le taux de surcre ou d’urée dans le sang , bêtement, avec des milligrammes pour cent ou par litre. Stupide ! Ce qui agit ce sont les molécules grammes ou, mieux les équivalents, on utilise donc les milliéquivalents et… les protocoles deviennent parfaitement illisibles. Pour faire chic, les labos se lancent, dans le désordre, dans les nouvelles unités qui n’ont strictement aucun intérêt. C’est une folie essentiellement européenne. Un jour, la célèbre revue américaine The New England Journal of Medicine, cria stop ! Terminé ! Nous n’acceptons plus que l’ancienne nomenclature, c’est à dire les milligrammes pour cent. Pour les obsédés des multiples nouvelles nomenclatures chaque abonné recevra un petit ouvrage de traduction des unités. Ils ont tenu parole au grand dam des obsédés de la complication.

 

La devise européenne et surtout française est  « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? »

 

Si vous êtes clair, vous êtes suspect ! N’êtes-vous pas un peu simplet ? Honneur au galimatias. Pourquoi  la langue française meurt-elle ? Elle a perdu sa qualité principale : la clarté.

 

Clausewitz

11:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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