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07/12/2010

La cantonade

Blog du 7 décembre 2010

La cantonade

 

L’appel d’Éric Cantona est diversement apprécié. La ministre française ironise : « Je ne sais pas jouer au football et je ne m’en mêle pas. Que les joueurs de foot se mêlent de leurs affaires ! »

 

            Les joueurs de foot, en fait, c’est nous : les dindons habituels des manipulations financières où, on l’a bien vu dans la crise récente, les banquiers ne se sont pas mieux comporté que des joueurs de football. Il y a des banques, en particulier espagnoles, qui se sont ruinées en investissant lourdement chez Madoff. Même nos sacro-saintes banques belges ont joué avec Madoff. Et pourtant le truc de la chaîne de Ponzi est connu depuis les Assyriens ! Nos financiers, faisant un cocktail de malhonnêteté et de connerie, ont plongé dans le piège, la tête baissée.

 

            Actif depuis des dizaines  d’année, Madoff a escroqué 65 milliards de dollars. Il s’en est même pris à ses coreligionnaires qui, pourtant, ne sont pas tombés de la dernière pluie en matière de pognon.

 

Notre argent est-il en sécurité aux mains de pareil débiles ? Very good question.

 

Après avoir pompé les finances publiques pour amortir le coup de leur mauvaise (et stupide) gestion, les voilà à nouveau pleins aux as : ils ont repris leurs combines, mais ils font le difficile, la fine bouche, quand il s’agit de faire leur vrai travail : investir sainement pour relancer l’industrie. Cela rapporte évidemment moins que leurs miroirs aux alouettes et leurs spéculations d’équilibristes.

 

Si tout le monde suit les injonctions du sympathique Cantona, ce sera évidemment un tsunami financier. Quand ils prêtent 100€, ils ne doivent avoir en caisse que 8€. Le principe même de la banque repose sur le fait que les clients ne viennent pas tous retirer leur argent au même moment.

 

Mais que cela serve d’avertissement ! Le truc de Cantona c’est l’arme absolue. C’est plus efficace que les carmagnoles que les syndicats organisent régulièrement dans nos rues.

 

Il faut profiter de l’émotion des financiers pour promouvoir un système complètement différent où coexisteraient deux sortes de banque : les banques de dépôt auxquelles toute spéculation serait interdite et les banques d’affaires qui seraient autorisées à jouer en bourse et à prendre des risques financiers, dont il faudrait établir rigoureusement les limites.

 

Joueur de foot ou non, prière de ne pas rire quand, par connerie, on a détruit la Société Générale, un des fleurons de notre pays, et failli perdre Dexia, par des combines plus que douteuses.

 

Que chacun fasse son métier d’accord. Mais il faut d’abord le connaître. Et ce n’est pas le cas des banquiers.

 

 

Clausewitz.

 

 

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