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13/06/2011

Revoir Françoise XII

- La noce eut lieu trois semaines plus tard. Le père Murdoch était aux anges. Charles et Diana, les plus proches voisins, (château de Balmoral sur la même entité communale) acceptèrent d’être les témoins. On dérouta les journalistes en fixant une fausse date, (huit jours plus tard) .

Ma mère et ma sœur ainée se déplacèrent avec leurs gigantesques  chapeaux aussi ridicules que ceux des Anglaises. On était en août. Le temps écossais se fit clément : pas de pluie et peu de vent. Par précaution, on avait dressé d’immenses tentes dans le parc. Tout de passa à merveille. J’étais un peu menue à côté de mon géant d’époux, mais il était bien coiffé, bien rasé, avec un uniforme bleu sans trop de chamarrures et surtout avec un air énamouré qui émouvait l’assistance. Quand il me prit par le bras, je me sentis soulevée. Je n’étais pas malheureuse, j’avais l’impression d’assister au mariage d’une autre et, tu ne vas pas me croire, je me voyais au bras d’un petit garçon de douze ans qui venait de m’embrasser sur la bouche.

- !?!

-Donald faisait tout ce qu’il pouvait pour me plaire. Comme il était surdimensionné, nos relations amoureuses relevaient davantage de la guérilla que de la bataille rangée. Ce fut pire après la naissance de Charlène. Je devins tout à fait hermétique au sexe. Je faisais ce que je pouvais, je simulais, je criais, mais le cœur n’y était plus. Surtout quand il avait bu, et il buvait de plus en plus, je le prenais en horreur. Il devint très vite fou amoureux de sa fille. Il faisait ses cent mille volontés. Elle lui tirait les moustaches et il riait. Il la promenait des heures dans le parc. Il voulait l’emmener en canot sur la Dee river, mais j’avais trop peur et je m’y opposais. Après quelques mois, Donald se rendit compte que je n’étais plus, si je l’avais jamais été, une partenaire de lit convenable. Une magnifique grosse vache écossaise, (comme je suis injuste), blonde aux longs cheveux, avec une poitrine comme un pare choc, vint occuper la place libre. Elle criait tellement fort (et lui aussi) que Murdoch dut installer dans les combles, un appartement aux murs épais pour assourdir les clameurs. Idiote que je suis, j’étais jalouse. De temps en temps, il venait me retrouver dans notre chambre, il m’embrassait, me demandait pardon, mais il ne pouvait plus se passer d’elle. Un des premiers principes du Kamasoutra est qu’un éléphant ne peut pas s’accoupler avec une gazelle…

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