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24/06/2011

Revoir Françoise XIX

La traque

Le clairon sonna à cinq heures. La traque s’ébranla. Tout le monde était mobilisé, même les cuisinières. Il pleuvait. C’était une mer d’immenses parapluies écossais. Douglas MacDowel avait tout organisé. Ancien colonel de commandos, il n’allait pas commettre les erreurs classiques des pandores à souliers à clous. Les seigneurs étant absents, il réussit à mobiliser les gardes de Balmoral. Ils devaient prendre la fugitive à revers à condition qu’elle ait  fui par le  sud, vers la Dee river. Les deux groupe se rejoignirent à neuf heures : pas de Charlène. Les gardes de Balmoral commencèrent à s’inquiéter : ils pensaient à la rivière dont ils avaient retiré tant de noyés. MacDowel les laissa sortir leurs canots, fit demi-tour et repartit vers le nord avec sa troupe. Les deux commandants, communiquaient par radio.  Vers midi l’équipe des plongeurs repéra quelque chose, dans les herbes, au bord de la Dee, en aval de Balmoral. Ils précipitèrent leurs moteurs dans cette direction. C’était bien Charlène. Elle était bleue de froid, mais elle respirait. Les plongeurs la déshabillèrent, la frictionnèrent à l’alcool camphré et lui passèrent une houppelande de laine qui l’enveloppait complètement. Elle ne voulait ni boire, ni manger. Prévenu par radio, Douglas libéra son personnel et vint la cueillir au bord de l’eau qu’elle venait de traverser avec ses sauveteurs efficaces. Une Range Rover bien chauffée, les attendait avec, à bord, presque fou, Murdoch lui-même. Prudemment, la gamine ouvrit un œil. Quand elle vit que Murdoch pleurait, elle poussa un grand soupir, puis  se mit à gémir. Pourquoi l’avait-on laissée si longtemps dans l’eau. Elle allait mourir de froid. Elle se mit à sangloter.

-Quelle petite peste ! pensa Douglas. Elle fait courir deux cents personnes à sa recherche et elle trouve encore le moyen de râler quand on la retrouve. C’est elle qui s’est jetée à l’eau et elle s’en prend aux sauveteurs. Je commence à penser que sa mère a bien fait de partir.

Murdoch m’appela sur mon portable :

-Ouf, elle est sauvée, les gardes de Balmoral l’on retrouvée dans la Dee, empêtrée dans les roseaux. Elle est en hypothermie. Nous allons la réchauffer. MacDowel n’ose pas le dire, mais je vois bien qu’il pense que c’est une sale gamine et que tu as bien fait de t’en aller. « Elle aurait dit que c’était de sa faute ! » a-t-il grommelé  entre ses dents.

-Je murmurai quelques paroles de réconfort, mais le cœur n’y était pas. Je pensais exactement la même chose que Douglas MacDowel.


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