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28/06/2011

Revoir Françoise XXI

La belle Hélène

La salle à manger pouvait accueillir deux cents personnes. La soirée était fraîche. Des arbres entiers brûlaient dans les deux cheminées monumentales. Murdoch resplendissait dans son kilt chatoyant. Il était bien peigné. Il accueillait les convives d’un œil critique. Mon smoking venait d’être repassé par le garçon d’étage. Je n’avais pas osé le nœud bordeaux. J’avais un peu grossi et mon vêtement me tenait au corps comme s’il avait été coupé sur moi. Je consultai Françoise. Elle eut un air approbateur.

-Mon petit Belge, venez près de moi. Vous avez déjà, je le sens, quelque chose à me dire.

Françoise était en face de moi. Il se fit un grand silence : Hélène faisait son entrée. Quelle splendeur mes amis ! Ses cheveux auburn auréolaient son visage parfaitement et discrètement maquillé. Ses yeux étaient vert émeraude. Elle était décolletée jusqu’aux épaules. On voyait la gorge entre ses seins blancs.  Comme les femmes blanches sont plus nues que les autres ! Elle portait une robe noire moulante et elle adoptait l’attitude modeste de la plus grande séduction. On était loin de la gamine du matin qui montrait sa culotte. Elle vint faire la révérence devant le Seigneur qui lui jeta un coup d’œil approbateur.

-Installez-vous, ma toute belle. Pourquoi pas à côté de ce pauvre Belge isolé qui doit battre le beurre dans notre anglais rocailleux.

Je reçus un coup de pied dans le tibia. Ma voisine d’en face articula en français et à voix basse : « uniquement les vieilles femmes, je t’ai prévenu. » Je me massais la jambe en riant :  Quelle merveille : elle est jalouse comme une tigresse !

Il fallait faire un effort surhumain pour ne pas être subjugué par Hélène. Même son parfum faisait tourner la tête.

-Que pensez-vous des Écossaises ? Monsieur le Belge. Elles sont parfois troublantes, non ?

Il valait mieux que je me taise, j’aggravais mon cas de minute en minute.

Ma voisine de droite se comportait en séductrice professionnelle. Uniquement par petites touches, regards « en dessous », il fallait remplir son verre, lui passer le sel. Ensuite, elle arrêtait le tir, ce qui procurait une légère angoisse. Quand va-t-elle à nouveau s’intéresser à moi ? Je m’efforçais de regarder Françoise. Elle m’évitait. Elle parlait à son voisin, le gigantesque Gordon Wallace de Scotland Yard.

-Et alors Monsieur le détective belge, me demanda Murdoch, vous avez du nouveau ?

-Françoise et moi avons utilisé notre matinée à passer les suspects en revue. Je peux dire que nous avons fait de grands pas, mais je ne peux encore rien vous dire. J’attends d’avoir réuni tous les éléments de l’enquête. La cuiller d’Hélène s’arrêta dans l’air à ces paroles. Françoise le remarqua.

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