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30/06/2011

Revoir Françoise XXIII

Le fantôme.

Rentré dans ma suite, je me laissai tomber sur le lit. Il avait encore fallu se taper le Chivas regal, 18 ans d’âge. Le bar croulait sous les bouteilles de toutes les origines. Écossaises, of course ; le whisky irlandais n’étant que de la piquette et l’américain, le bourbon, waf, juste bon à être coupé avec du coca cola. Suite au récit de Françoise, je plongeai immédiatement sur le Chivas. Banco !

-Il s’y connaît le petit Belge ! approuva Murdoch qui me présenta une boite de cigares de la Havane gros comme des pieds de table. Il fallait un chalumeau pour les allumer. Je multipliai les efforts pour plaire au nabab, mais je commençais à saturer. J’avais envie de me retrouver dans mon lit et de rêver au miroir aux alouettes que l’on avait fait scintiller sous mes yeux. Je réussis à m’esquiver.

-Comme tu es bête ! pensai-je en me déshabillant. Tu sais pourtant parfaitement que c’est un mirage. Françoise va sûrement arriver. Heureusement, nous ne sommes que le deuxième jour. Je vais me pelotonner dans mon lit. Sans pyjama, je suis intouchable. Je fermai les yeux et m’endormis profondément. Il était près de minuit quand un frottement me réveilla. J’entrouvris la porte. Je distinguais nettement, dans la quasi obscurité, une grande ombre qui longeait les murs.

-Waw, un fantôme ! Je ne croyais pas que cela existât. Le fantôme, en ouvrant la porte comme un vulgaire être humain, pénétra dans une chambre voisine. Je n’entendis plus rien.

-Que fais-tu là tout nu ? me dit Françoise, surgissant des ténèbres.

-Je te l’avais dit, je fais des crises de somnambulisme. Tu viens de me réveiller. Vite, cachons notre pudeur sous les draps. Françoise se tordait. Comme une maman, elle vint me border et me donner un bisou sur le front.

-Tu sais que j’ai vu un fantôme ? C’est cela qui m’a poussé dehors.

-Les fantômes n’existent pas !

-Tu vas altérer tout le bonheur que j’ai d’être en Écosse. Pas de fantôme ? Nessie, c’est du bidon ? Il ne va nous rester que le Chivas.

-Tu ne parles jamais sérieusement.

-C’est toi qui poses toujours des questions rigolotes. J’ai vu un fantôme te dis-je. Il est entré, je précise, par la porte, dans une chambre voisine. J’irai lire le numéro quand il fera jour.

Elle me fit taire avec un de ces bisous carabinés dont elle avait le secret. L’image d’Hélène s’effaça immédiatement.

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