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01/08/2011

Revoir Françoise le 2 août 2011

Revoir Françoise XXVI 2 août 2011

Une chemise transparente

D’une démarche lascive, elle se dirigea vers un porte manteau et enfila, avec art, une chemise transparente. J’avais de nettes difficultés respiratoires. Peut-on faire une crise d’asthme à cause d’une femme nue ? C’est la dernière chose à laquelle je m’attendais à être allergique. Elle riait de son pouvoir. Elle l’exerçait avec maîtrise. J’étais comme un papillon sous le scalpel d’un entomologiste. Soudain grave, elle me congédia en me disant qu’elle me reverrait au diner et, qu’après, on verrait.
Je m’appuyai sur le mur du corridor, puis je gagnai ma chambre. J’avais toujours en main les feuilles de Mary Higgins. Je tombai sur le lit pour reprendre mon souffle. Tu ne crois pas aux fantômes, me dis-je, pourtant tu viens d’en voir un. Encore qu’il était en chair (oh combien) et en os. Le calme revenait. Je me mis à lire. C’était le PV classique dans toute son horreur : le jour et l’heure, la présidence, les assistants, quelques paroles de lord Mac Murphy, de Gordon Wallace, l’entrée venteuse d’Hélène (elle ne parlait pas de sa petit culotte dont la vision avait pourtant été le seul événement intéressant du colloque) ; l’arrivée de Douglas Mac Dowel, dont on notait le silence, et c’était tout.
Me voilà bien avancé encore que j’aie appris que Mary Higgins avait peut être une vie sentimentale plus agitée qu’on ne le pensait. Au diner j’observerais les tousseurs. J’étais certain de pouvoir reconnaître la toux grasse de tout à l’heure.
J’avais osé le nœud papillon bordeaux. Je m’assis près du seigneur des lieux. Une place restait libre à ma droite. Elle ne fut jamais occupée. Miss Hélène fit son entrée. Elle était encore plus élégante que de coutume. Elle alla s’asseoir à côté de Douglas Mac Dowel et ne me jeta pas le moindre regard.
- Je suis vraiment la souris et elle le chat ! Je m’étais toujours considéré comme un homme intelligent. Voilà que j’avais un doute. Un homme intelligent peut-il se laisser manipuler de la sorte ? La meilleure solution c’était de demeurer coi. De ne pas bouger d’un cil. Elle n’existait pas, un point c’est tout !
Je relançais la conversation sur les bagnoles et, sur la pointe des pieds, car je n’y connaissais vraiment rien, sur le rugby, où les malabars pictes faisaient des ravages. Avec des oui et des oh, j’arrivais à maintenir la conversation. Mac Murphy était intarissable. Il y avait joué dans sa jeunesse et il racontait avec délices tous les placages et les mêlées où il avait écrasé ses adversaires.

(à suivre)


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