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02/08/2011

Revoir Françoise le 3 août 2011




Revoir Françoise chapitre XXVII.


par Christian Oosterbosch, mardi 2 août 2011, 16:17
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Revoir Françoise XXVII

Le vent du boulet

Mac Murphy baissa la voix et me souffla.

-Elle vous a laissé tomber ? Après le rentre dedans d’hier soir, quelle froideur !

Je faisais l’imbécile : je n’avais rien remarqué. Il y avait quelque chose à voir ? Elle était charmante, certes, mais ce n’était pas vraiment mon type de femme.

-Vous étiez au bord de la syncope quand elle vous a glissé un papier dans la main. Je vous accorde qu’elle est dangereuse, terriblement dangereuse, votre système de l’indifférence est la seule parade possible. Je vous souhaite bon courage. Certaines femmes sont des concentrés de poison. Elles jouent avec nous comme avec des billes.

On passait au whisky et aux cigares. Je pus m’échapper assez tôt. C’est avec un formidable soupir de soulagement que je me laissai tomber sur mon lit. Je revêtis ma tenue de nuit (rien) et me mis à lire une revue sur l’Écosse qui faisait la part belle à Nessie et à ses aventures. La dernière : il aurait avalé le trésor des Nazis, une énorme masse d’or qui rendait sa digestion un peu lourde.

Vers onze heures, ma tentatrice entra en coup de vent. Elle n’était vêtue que de sa chemise transparente du matin. Elle se jeta sur mon lit en pleurant. Oui, de vraies larmes ! Elles coulaient dans mon cou.

-Personne ne m’aime dans ce château. Vous êtes la seule branche où m’accrocher.

Impossible, tout à fait impossible, de résister. Sans me découvrir, je la pris dans mes bras en caressant ses longs cheveux épars :

-Ce n’est pas vrai ! Tout le monde vous adore. D’ailleurs comment ne pas vous adorer, vous êtes la beauté et le charme réunis. Vous avez la fraîcheur des petites filles et les appâts des vraies femmes. Tous les hommes sont fous de vous.

-Vous aussi ? murmura-t-elle, en cherchant mes lèvres. Je pensais à Françoise, quand j’entendis à nouveau le frottement du « fantôme » dans le corridor.

Ma petite compagne se raidit, sauta du lit et disparut. Je la suivis assez vite pour la voir rentrer dans sa chambre derrière la grande ombre noire du premier soir.

J’avais senti le vent du boulet. J’avais été à deux doigts de la prendre. Ce qui restait d’intelligent en moi, pas grand-chose, me soufflait qu’il s’agissait encore d’une de ses diableries.

Mais ces larmes qui coulaient dans mon cou ? Ces frissons de chagrin ? Elle n’avait que moi où s’accrocher ! Je me secouais, je pensais à Françoise comme à une sainte tutélaire. Je m’endormis difficilement et rêvais de la sorcière de Blanche-Neige.

(à suivre)

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