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08/08/2011

Revoir Françoise 9 août 2011 XXXIII Le tousseur


Après l’appel du clairon, je sommeillais encore quand, dans le couloir, j’entendis la toux grasse qui m’avait fait dresser l’oreille dans le bureau de la secrétaire Mary Higgins. Malgré ma nudité, j’entrouvris la porte et vit, de dos, l’honorable clergyman assis à côté de Mary lors de la réunion. Surprise : les deux personnes le moins sexy de l’assemblée étaient amants ! Pourquoi pas ? La grande question, et souvent le fil conducteur d’une affaire, est « qui baise qui ? » On voit cela dans tous les romans policiers. J’avais un puzzle devant moi. Je devais évaluer les couples possibles. Quelle était la compagne de l’intendant Douglas Mac Dowel ? D’après la silhouette de mon fantôme, Hélène était la première candidate. Mais alors, pourquoi me faire un tel gringue ? Autre question : baisait-il aussi Charlène ? C’était peut-être un amateur de lolitas ? Encore que, comme lolita, Hélène était un peu mûre. Murray Mac Murphy et Hélène ? Peu probable, mais possible. Et le comptable ? Inimaginable de le compter parmi les candidats, mais, après la surprise du clergyman, je devais m’attendre à tout.

Je m’habillai en vitesse et, en passant devant la chambre d’Hélène, je fus happé par une main étonnamment puissante. Elle se jeta à mon cou, me serra de toutes ses forces en répétant : « Je n’ai que toi ; je n’ai que toi ! » Elle me mettait dans un état indescriptible. Je perdais la tête. Elle se collait contre moi en répétant la même phrase. Le charme cessa brusquement quand nous entendîmes « hum, hum » dans la pièce voisine.

-Sauve-toi ! me dit-elle en ouvrant la porte. Je pensais à mon professeur d’urologie qui décrivait la
"colique du fiancé", sorte de spasme des canaux déférents des fiancés chastes.

Chaque fois, je suis sauvé par le gong ! Mais s’agit-il bien d’un sauvetage ou essaye-t-on de me noyer?

-J’étais au breakfast quand un hélicoptère se posa dans le parc. Françoise et Mac Murphy en descendirent en souplesse. Ils rejoignirent la salle du petit déjeuner. Ils étaient pâles et défaits. On voyait sur leur visage les traces de leur nuit blanche. Ils s’installèrent à leur place habituelle. Duncan vint immédiatement les servir et me fit signe de les rejoindre.

-Nous l’avons retrouvée, mais elle est dans le coma, dit Françoise, et les médecins s’inquiètent de ses arrêts respiratoires.

-Pas de nouvelles de Gordon ?

-Non, il nous a mis dans l’hélico et l’a rejointe à l’hôpital. Il ne veut pas la lâcher d’une semelle.

(à suivre)

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