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14/08/2011

Revoir Françoise le 14 août 2011 Murray Mac Murphy (suite)


-Qu’avez-vous ?

-Ne prononcez pas ces paroles ! Hélène est une malédiction ! Elle sème la discorde partout. Elle rend les hommes fous, elle en fait ses marionnettes. Elle a commencé avec vous. Je suppose que vous vous en êtes rendu compte. Fuyez-la ! J’ai été incapable de le faire. Elle m’a ensorcelé. Je ne suis plus moi-même. Je me drogue, je bois, elle me manipule…

-Trempe-t-elle dans l’affaire du kidnapping ?

-Je ne peux rien vous dire. Il va m’arriver malheur. La meilleure chose que je puisse faire est de quitter ce château maudit. Mais je n’ai aucune ressource. Quoiqu’il arrive, il faut que je reste dans leurs griffes.

-Leurs griffes ? De qui parlez-vous?

-Sortez, sortez, je vous en prie. Faites en sorte que personne ne sache que je vous ai parlé. Sur le ton de la confidence, il ajouta, tout bas : c’est vrai, ils m’ont chargé de vous tuer dans un accident, ainsi que Françoise. Dieu soit loué, je vous ai raté, mais maintenant je dois m’apprêter à payer la note. Sortez vite. Il me poussa dehors.

Je me retrouvai groggy dans le couloir.

-Ai-je parlé à un fou ?

C’est quoi ce cirque ? Qu’Hélène soit une allumeuse, bien que cela blessât ma petite vanité, cela sautait aux yeux. Mais de là à nous faire assassiner, il y a de la marge. Je commence à me demander si cet enlèvement n’est pas le début d’une conspiration générale pour détrôner Charlène et déclencher un renversement de régime. Je regagnai ma chambre. J’espérais, avec honte, que l’on me fît encore entrer de force dans la II27.

Mais le corridor resta désert. Je pris une longue douche, revêtis mon smoking et descendis pour le diner. Huit heures allaient sonner. L’immense salle était encore vide. La première personne à faire son entrée fut Mrs Mary Higgins, parfaitement méconnaissable. Elle était coiffée, comme les hôtesses, d’un petit chapeau tricorne bleu marine avec un ruban jaune. Sa robe de soirée, rouge sombre, était décolletée, on voyait ses bras et ses épaules étonnamment blanches. Elle était maquillée avec discrétion, sauf ses yeux, barbouillés de mascara. Elle avait un petit air sexy qui me stupéfia et me donna envie de rire. De tous les mystères qui surgissaient sous mes pas, celui-ci n’était pas le moindre : la Messaline de Ballater ! À qui allait-elle s’en prendre ce soir ?

(à suivre)

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