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15/08/2011

Revoir Françoise le 16 août 2011 - 40 - Tout le monde sur le pont!

Clausewitz

À six heures, l’équipe de jour fut surprise de l’absence de Maureen. Les clefs avaient disparu. La chef de groupe, Cameron, fit un tour rapide des chambres de l’étage et se heurta au fauteuil de Gladys d’où sortait un ronflement de locomotive. Elle la réveilla sans ménagement.

-Vous dormez et vous êtes de garde ! Avez-vous vu la petite Maureen pendant la nuit ?

-Oui, dit Gladys en baillant et en s’étirant. Vers trois heures, elle est venue, appelée par la princesse.

-Que voulait-elle ?

-J’ai cru comprendre qu’elle demandait la panne et j’ai entendu un peu de bruit. Mais Maureen est sortie très vite et je me suis rendormie.

-Maureen a disparu et nous n’avons pas les clefs.

-J’ai un passe-partout, dit Gladys, en fouillant dans sa poche.

Cameron entra dans la chambre et poussa un cri. Charlène n’était plus là et l’infirmière gisait à plat ventre, en culotte et soutien gorge, avec des traces de sang sur le front. Elle respirait bruyamment. Il était impossible de la réveiller. Elle ne répondait pas aux ordres simples. Cameron sonna l’alarme. Gordon arriva le premier. Il attachait encore son pantalon.

-Prévenez vite le professeur ! Et à Gladys : quelle imbécile vous faites : tout se passe devant vos yeux et vous ronflez ! Retournez au bureau, je ne veux plus vous voir ! Il courut à l’entrée. L’équipe de nuit s’en allait. Ils se souvenaient d’une jeune infirmière qui était sortie vers trois heures avec un grand parapluie. Comme ils s’attendaient à un homme grand et noir ils n’avaient pas fait attention à la jeune fille.

-Elle était seule ?

-Oui, absolument. Nous avons cru qu’elle allait chercher quelque chose dans le parc.

-À trois heures du matin ! Ce n’est pas une heure pour aller au magasin du coin.

-Oui, bien sûr, mais elle pouvait sortir pour une analyse, un résultat, que sais-je ?

Je suis entouré de gribouilles, pensa Gordon qui tremblait à l’idée de la scène qu’allait lui faire sir Murdoch. Ils s’attendaient à un malabar et ils ont eu une ablette. Elle leur a filé entre les doigts. Nous avons affaire à un stratège et à de remarquables exécutants. Il y a une piste. Elle doit être aveuglante mais, moi, je suis dans le noir.

Les experts du Yard arrivaient. La matraque, d’origine policière, avait provoqué une tuméfaction de la nuque de l’infirmière. Ils retrouvèrent le flacon de clonazepam vide. Une partie du liquide s’écoulait de la bouche de la victime.



(à suivre)

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