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16/08/2011

RevoirFrançoise - 41 - Le 17 août 2011 - Messaline?


Avec son petit tricorne bleu, Mary Higgins vint s’asseoir devant moi. Elle serait à la gauche de sir Murdoch. En douce, je surveillais son manège. Cette bonne femme finissait par m’intéresser. Elle n’était pas si mal après tout. Elle n’était pas grosse, simplement potelée, avec des épaules et des bras très blancs. Sa poitrine généreuse, montrait une gorge bien dessinée. Ses cheveux étaient châtains. Ses doigts ne portaient qu’une simple alliance. Ses ongles étaient vernis en rouge sombre. En prenant place, elle me fit un grand sourire complice. Pourquoi complice ? Qu’avions-nous en commun ? Elle déplia sa serviette et me demanda si je me plaisais bien dans les Highlands. Je lui répondis que j’étais fasciné par les Écossais et, à mi-voix, par les Écossaises. Elle réussit à rougir.

-Il faudra venir me voir un de ces jours, minauda-t-elle. J’ai du Chivas régal 18 ans d’âge !

-Oh, oh, fis-je, ébloui, 18 ans d’âge ! Quelle merveille !
Elle baissa modestement la tête.

-Il est à votre disposition.

Elle n’allait pas, elle aussi, me faire du rentre dedans ? J’avais une tête à claque ou quoi ? Murdoch vint me tirer d’affaire. Il était hors de lui.

-Connaissez-vous les derniers rebondissements avec Charlène ? nous dit-il. Elle s’est évadée de la clinique en assommant et en droguant une infirmière ! Inimaginable ! Une si charmante, une si adorable jeune fille. Je me demande si c’est possible. Je crois qu’elle a simplement été enlevée. Ces imbéciles de Scotland Yard n’ont rien vu ! Il y avait une infirmière de police devant la porte. Elle ronflait dans son fauteuil ! Les factionnaires de l’entrée l’ont laissé sortir sans réagir :

- Une petite infirmière ? Nous devions arrêter un géant au chapeau enfoncé sur les yeux!

Gordon Wallace m’a téléphoné avec une petite voix. Que pensez-vous de tout cela monsieur le détective belge ?

-J’en pense beaucoup de choses mais, mais, non que je me méfie de votre charmante voisine, je préférerais vous les exposer en particulier. J’ai lu dans Roméo et Juliette, qu’un secret ne pouvait être gardé par deux personnes qu’à condition que l’on tuât une des deux.

-Ah, ah, elle est bien bonne : un Belge qui vient nous citer Shakespeare. Et bien d’accord ! Demain matin, après le breakfast, dans mon bureau.

La salle était déserte. Précisons : me semblait déserte. Hélène n’était pas là ; Françoise non plus et Douglas Mac Dowel, une fois de plus, jouait les filles de l’air. Au bout de la table, les deux compères, le clergyman, Percy Cranagh et le comptable, George Rasberry, parlaient à voix basse. J’eus la mauvaise pensée d’imaginer qu’ils préparaient une partie délicate avec ma voisine, arrosée de Chivas 18 ans d’âge. J’eus, heureusement, immédiatement honte de moi-même.

(à suivre...)

Clausewitz

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