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17/08/2011

Revoir Françoise - 42 - Le 18 août 2011 - Françoise enfin.


La cérémonie whisky et le repas terminés, je courus à la chambre de Françoise. La porte n’était pas verrouillée. Elle était sous la douche. Quand je voulus y entrer, elle poussa des cris horrifiés. Je battis en retraite et me laissai choir dans un grand fauteuil chippendale noir. Peu après, elle me rejoignit, avec un essuie sur la tête. Elle me reprocha :

-Pourquoi n’es-tu pas venu me rejoindre sous la douche. Je t’attendais. Tu m’aurais savonné le dos.

-J’adore le discours des femmes. Il y a cinq minutes, j’ai dû battre en retraite devant les cris de ta pudeur.

-Hypocrite ! À ton âge, tu sais quand même bien, que nous ne disons jamais ce que nous pensons. Il faut comprendre notre langage. Si un monsieur demande à une dame « voulez-vous faire l’amour avec moi ? Et qu’elle répond Oui ! » Tout le monde, à commencer par le monsieur, va se scandaliser. Elle doit donc commencer par dire Non ! « La vente commence quand le client dit non » proclame un célèbre manuel pour vendeur. Avec les femmes, c’est la même chose. À sa façon de dire non, le monsieur comprendra que c’est peut-être oui. Il y a des non définitifs, absolus, catégoriques. Il ne faut pas insister. Mais il y a une foule de jolis non qui, bien prononcés, signifient presque oui. Tout à l’heure, je criais, mais cela voulait dire entre, viens me laver le dos. Une fois de plus, tu n’as rien compris. Les hommes sont parfois désespérants, dit-elle en se secouant les cheveux et en commençant à les essuyer.

-C’est exactement ce que je te disais : j’adore le discours féminin. Les mots utilisés n’ont jamais rien à voir avec la réalité, mais l’homme un peu subtil en saisit immédiatement toutes les nuances. Je ne suis pas encore assez subtil.

-Je dirais plutôt que tu es subtil au second degré. Tu nous prends au mot, mais tu as très bien compris et nous tombons dans le piège.

-Question : est-ce que je dors ici ou viens-tu dans ma chambre. Je te préviens, je n’ai pas mon pyjama.

-Mais si, tu le portes toujours en dessous de tes vêtements !

-Et toc. Ça c’est du direct ! Donc je reste. C’est toi qui vas me laver le dos.

Pendant que je me battais avec mon smoking, ma chemise, le nœud papillon et les boutons de manchette, elle laissa tomber son peignoir. Mes difficultés de déshabillage furent immédiatement multipliées par dix.

(à suivre)

Clausewitz

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