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03/02/2013

Et si on détruisait la nouvelle gare des Guillemins ?

Nous avons jeté des bobines d’acier dans la Meuse. Nous avons, de nombreuses fois, séquestré les négociateurs de la direction. A Chertal, nous avons fait grève parce qu’il n’y avait plus de papier aux toilettes et enfin, en 1960, chauffés par André Renard et André Cools, et tout à fait impunément, nous avons détruit la gare des Guillemins que l’on venait de reconstruire. Quand nous manifestons nous sommes toujours armés de barres de fer, de billes d’acier et d’écrous. Nous sommes incapables de comprendre que, pour faire de l’acier, il faut du minerai de fer et du charbon, que ces matières premières n’existent plus dans notre région ; qu’il faut des navires pour les faire venir de Maurétanie et d’Asie. Pour décider les politiciens à nous sauver (ce dont ils sont bien incapables) faudra-t-il aller jusqu’à tuer des flics ou fomenter des émeutes comme en Irlande du nord ? On ne nous comprend pas ! Mittal nous déteste. Nous sommes pourtant de si bons ouvriers. Les meilleurs peut-être ?
Un copain me donne une idée : et si on récupérait l’acier de la nouvelle gare des Guillemins ? (le poids de la tour Eiffel). Nous sommes orfèvres en destruction de gares.

Clausewitz

14:49 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

29/08/2011

Revoir Françoise - 54 - Le 30 août 2011 - Verlaine enfin!



-Monsieur le détective belge, je vous présente mes félicitations et mes remerciements, dit Murdoch en me serrant dans ses bras.

-Je vous remercie aussi mais permettez-moi de vous dire que vous êtes un peu injuste. C’est à notre cher Gordon que nous devons ce succès. J’espère que je vais pouvoir le compter au nombre de mes amis jusqu’à la fin de mes jours.

-N’oublions pas notre incroyable ceinture noire qui nous a sortis d’un bien mauvais pas. Il nous embrassa tous les deux.

-Et Charlène ? demanda Murdoch.

-Elle est psychologiquement fort perturbée, dit Gordon. Le professeur souhaite qu’elle soit traitée dans un institut spécialisé avec une assistance adéquate.

-Je veux la revoir avant. Il y a si longtemps que je ne l’ai pas embrassée, dit la maman éplorée.



*



* *



Nous étions dans l’herbe, à Verlaine, juste devant le chalet. Le ruisseau coulait à flots, il y avait eu plusieurs orages. Le soleil était revenu. Nous nous tenions prudemment à l’ombre. Elle portait un bikini affriolant. Moi, je me disais que j’allais devoir suivre un fameux régime pour essayer de la rejoindre, de loin, dans la perfection. Un seul regret, elle n’était plus ma petite Françoise de jadis. Je m’efforçais sans grand succès de la retrouver dans cette splendide créature.

- Avec le corps que tu as, tu ne vas pas me dire, que tu es incapable de me faire une autre petite Françoise, lui dis-je, un peu provocateur.

- Viens dans le chalet ! C’est un jour favorable. Mais gare à toi si c’est un garçon !





FIN


Clausewitz

28/08/2011

Revoir Françoise - 53 - Le 29 août 2011 - La bagarre -


Mac Dowel bondit comme un ressort et se plaça devant la cheminée en brandissant un Luger Parabellum.

-Cela ne se passera pas comme ça, cria-t-il, je ne me laisserai pas accuser plus longtemps. Dégagez la porte où je tire sur tout ce qui bouge !

Avant que personne ne fasse un geste, le Luger vola en l’air. Françoise avait frappé la main de Douglas d’un coup de pied en éclair. L’herculéen Gordon sauta sur lui et lui passa prestement les menottes. Il sortit une seconde paire de sa poche et l’attacha à une chaise.

-Voilà un magistral et bien opportun coup de pied, dit-il à ma bien aimée, qui s’était rassise modestement dans son fauteuil.

-Sur mon passeport, dit-elle, j’ai omis de mentionner ma ceinture noire de taekwondo.

-Me voilà bien embarqué avec une véritable tigresse, dis-je en éclatant de rire.

Douglas Mac Dowel était prostré sur sa chaise.

-Vous avez de la chance de ne pas vous en être pris à ma belle file. Vous n’auriez pas pu le raconter ! dit Murdoch qui brûlait d’envie d’administrer une raclée générale. Continuez, dit-il à Gordon. Nous voulons tous les détails.

-Toute cette affaire est sous tendue par la jalousie de mademoiselle Hélène. Tout d’abord, elle a embobiné sir Douglas, dont la virilité l’enchantait. Elle fut vite rejointe par Mary Higgins qui, affolée de sexe, se soulageait comme elle pouvait avec ces deux ruines. L’idée d’une séance avec Charlène comme victime la fascinait. Elle faisait partie d’un club qui se réunissait à Leith dans un vieux fortin. C’est là que nous les avons piégés. Nous disposons de toutes les photos des séances. Ce n’est qu’après l’enlèvement, qui avait surtout pour but d’assouvir la haine d’Hélène, que l’idée d’une rançon est venue dans la tête de Mac Dowel. Pourquoi, en effet ne pas joindre l’utile à l’agréable. Je me demande d’ailleurs si, la rançon payée, on aurait rendu la victime. Bien travaillée, elle n’aurait plus été présentable. Nos deux vieux lascars s’apprêtaient à venir participer à la fête qui devenait une sorte de sacrifice humain.

-Tout cela n’est qu’un tissu de mensonges, hurla Hélène. Vous n’avez pas la moindre preuve de ce que vous avancez.

-Mademoiselle, ceci n’est que le baisser de rideau. Je vous ferai grâce des preuves que nous avons accumulées : ADN, empreintes digitales etc.

Les portes s’ouvrirent et une série de bobbies, menottes en main, firent leur entrée, bouclèrent tout le monde et s’apprêtaient à les conduire dans les voitures cellulaires qui attendaient devant le perron.

-Minute ! dis-je. Avant d’escamoter ce monsieur, je voudrais pouvoir lui soulever la chemise.

Douglas se rebiffa, mais notre ceinture noire lui imposa silence.

Avec mon canif, je découpai sa manche droite à partir de l’épaule. Le petit drapeau pirate était bien là. Cela levait toutes les incertitudes.

(à suivre)


Clausewitz.
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27/08/2011

Revoir Françoise - 52 - Le 28 août 2011 - Confrontation


Nous laissâmes nos conjurés mijoter quelques heures pendant que Gordon rassemblait ses troupes. Le parc fut bientôt bourré de policiers et de militaires. Ils se dissimulaient de leur mieux. Le corps de garde avait été mis en congé, mais aucun portier n’avait pu rentrer dans le château. Ils devaient retourner chez eux. Gordon fit couper les communications téléphoniques.

Je rejoignis mon bel ange dans sa chambre. Elle était anxieuse. Elle se demandait ce que nous avions fait de sa fille. Nous attendîmes le diner en nous occupant l’un de l’autre.

-Tout cela sera bientôt fini, dis-je. Nous allons pouvoir continuer cette passionnante conversation dans ton petit chalet de Verlaine.

-Tu l’as dit ! Nous prendrons des bains de soleil dans la grande prairie et des bains de pied dans le ruisseau. Elle se blottit dans mes bras.

-Je vous offre un verre dans mon bureau, prononça Murdoch au moment du whisky.

Gordon était là. Les deux suspectes, en robe de soirée, les deux vieux complices et Douglas Mac Dowel se dirigèrent avec nous vers le bureau du Lord. Françoise et moi nous précipitâmes dans les fauteuils devant la fenêtre. Avec cet acrobate, il n’y avait pas de précaution superflue.

-Je vous donne de nouvelles de Charlène, dis-je solennellement. Elle se trouve au service de neurologie de l’université d’Édimbourg. Elle va très bien. Dans une heure, elle sera parmi nous, ramenée en hélicoptère.

Il y eut comme un froid dans l’assemblée.

-Commencez Gordon, dit Murdoch.

Le policier se leva, un gigantesque Havane à la main.

-Vous pouvez dire que vous nous avez fait courir, dit-il, mais, question préalable : vous avez enlevé Charlène pour la rançon, pour la vengeance ou pour une partie de jambes en l’air ?

Les assistants se regardèrent avec stupéfaction.

-De quoi parlez-vous ? dit sèchement Mac Dowel. Je ne comprends rien à vos accusations.

Les vieux galants baissaient la tête. Je les observais tous avec la plus grande attention. Les deux femmes restaient impassibles.

-Charlène va venir nous raconter les détails de son martyre. Quel était votre objectif réel ? Vous étiez tous complices ou, en tout cas, initiés à l’affaire.

La porte s’ouvrit brusquement et un Murray titubant fit son entrée.

-Assieds-toi devant la cheminée, dit Murdoch avec une certaine brutalité. Là au moins, tu n’auras pas froid.

Murray se laissa tomber dans le grand fauteuil qu’on lui indiquait.

-Monsieur Mac Dowel, dit Gordon, vous avez assez finassé et triché. Je vous accuse d’avoir enlevé Charlène Mac Murphy, de l’avoir séquestrée, violée avec la complicité de ces dames, et demandé une rançon d’un million de livres.

(à suivre)


Clausewitz

26/08/2011

Revoir Françoise - 51 - Le 27 août 2011 - La chasse continue


L’équipe de Gordon continuait la chasse.

-Ils ont plusieurs heures d’avance, dit le maréchal des logis. Ils se sont enfuis quand ils nous ont entendus travailler à la porte.

Les chiens furent décontenancés par le poivre que les fugitifs semaient derrière eux. Les pisteurs durent se contenter des traces. Elles étaient bien visibles : des empreintes de souliers d’hommes et deux pistes de femme avec des hauts talons. Arrivés sur la route, les poursuivants les perdirent. Les chiens reprirent courage, on ne jetait plus de poivre. Ils conduisirent les poursuivants jusqu’à un petit parking, près d’une église. Il n’y avait que deux voitures. Un barman avait vu trois personnes trempées par la pluie, grimper dans une vieille deux chevaux.

-Il y a longtemps ?

-Cela fait bien deux heures, dit le témoin.

Au téléphone, Gordon remarqua :

-Ils devaient être à plus ou moins 100km de Ballater. Si ce sont bien ceux que je pense, avec une deuche, ils doivent être déjà dans les parages du château. Surveillez les routes discrètement avec votre hélico.

Un barrage nota le passage d’une deux chevaux verte, à 10 km du château. Il n’y avait que deux personnes à bord, deux femmes.

J’allai me cacher au corps de garde où notre jeu du chat et de la souris faisait rire tout le monde. Vers midi, je vis arriver, à pied, mes deux punaises : Hélène et Mary Higgins. Elles avaient les cheveux en désordre et leurs vêtements chiffonnés. Je ne me montrai pas et les gardes les laissèrent passer sans mot dire.

-Y a-t-il une autre entrée ? demandai-je aux gardiens.

- Oui, au fond du parc, sur la rive de la Dundee river, mais il faut être un fameux acrobate pour la franchir.

- L’un de vous peut-il me conduire ?

Un jeune homme bien délié m’accompagna.

-Ne marchons pas sur la route, lui dis-je. Nous nous cacherons quand nous verrons venir quelqu’un.

Le parc de Ballater est immense. Je m’attendais à une longue attente. Nous avions à peine marché une demi-heure que je vis une silhouette sur le grand chemin. Nous plongeâmes dans les fourrés pour voir passer, à vive allure, l’intendant Douglas Mac Dowel.

-Tu n’as rien vu ! dis-je à mon guide. Cela doit encore rester secret quelques heures.

-Toute la basse-cour est au poulailler, téléphonai-je à mon complice Gordon.

-Nous allons pouvoir commencer le cirque ! répondit-il avec soulagement. (à suivre)



Rappel
Françoise Delorme : la petite fille de mes 12 ans
Charlène Mac Murphy : fille de Françoise
Carl Fréson : le narrateur
Murdoch Mac Murphy : le Lord écossais.
Murray Mac Murphy : son petit fils
Hélène Mac Murphy : beauté vénéneuse, petit fille du Lord
Gordon Wallace: lieutenant de Scotland Yard, Malabar.
George Raspberry: comptable (relations avec Mary Higgins)
Percy Cranagh: clergyman (relations avec Mary Higgins)
Douglas Mac Dowel : intendant, ancien colonel de parachutistes.
Mary Higgins : secrétaire, derrière un look de vieille fille, une Messaline.
Duncan : maître d’hôtel

25/08/2011

Revoir Françoise - 50 - Le 26 août 2011 - Elle n'est pas morte

Gordon reconnut immédiatement Charlène.

-Décidément, grogna-t-il, nous en aurons vu avec cette foutue gamine.

Elle fut transportée à la clinique dont elle s’était enfuie. Tout le monde lui en voulait. Cameron, l’infirmière chef, l’attacha au lit avec des menottes. Gordon plaça deux policiers devant la porte. Installés dans un canapé, ils ne pouvaient laisser entrer ni sortir personne. Le chef de service décréta que les infirmières ne pénétreraient dans la chambre qu’en équipe et laisseraient la porte entrouverte.

Charlène était dans le coma, ce que, vus ses exploits antérieurs, personne ne croyait, mais, objectivement, elle était en hypothermie. Le thermomètre ne montait pas au dessus de 35°. Elle fut couverte de coussins chauffants et perfusée avec du liquide physiologique à 37 °.

Gordon m’appela au téléphone pour faire le point et me charger de faire un rapport à sir Murdoch.

-Qu’il rentre sa rançon ! Nous l’avons retrouvée. Avez-vous pu faire parler Murray ?

-Non, il est immédiatement tombé dans les pommes, sans doute carencé de toutes ses saloperies en particulier de l’alcool. Il voyait des animaux partout: des ours et des agents de police. Nous n’avons rien pu en tirer. Et vous là bas, fameuse découverte !

-Ils devaient se sentir bien à l’abri pour oser afficher ces photos au mur. Il s’agit d’une histoire ancienne.

Je m’étonne de ne voir qu’un seul homme sur les photos. Ce doit être un groupe de partouzards.

-Et les femmes ?

-Je n’ose rien dire au téléphone, mais vous les connaissez très bien. Je vous donnerai les détails de retour à Ballater.

Le professeur chef de service était bien décidé à trouver la clef du mystère. Sous bonne garde et menottée à son brancard, il fit transporter Arlène en gynécologie. Elle se laissa examiner sans broncher. Elle avait eu des rapports sexuels récents et violents, elle portait des ecchymoses péri vulvaires et de multiples hématomes sur tout le corps. Pas la moindre trace de sperme ; le violeur devait s’être protégé.

-Bizarre, pensai-je, pourquoi cette précaution ? Pour ne pas être identifiables si on la retrouve ? Je ne vois pas bien le rapport entre ce viol et le kidnapping. On la kidnappe pour la rançon ou pour la partouze ? Et que viennent faire les deux femmes cagoulées de la photo ?

(à suivre)

Clausewitz

Revoir Françoise - 49 - Le 25 août 2011 - Où sont-ils?


Les patrouilles longeaient les plages et les rochers avec des chiens policiers. Ceux-ci reniflèrent la porte rouillée d’un ancien blockhaus. Les flics essayèrent de l'ouvrir, mais elle était si rouillée que c’était impossible sans outillage lourd. Ils se promirent de revenir avec le matériel. Tout le long de la côte, il y avait des ruines de fortins de la deuxième guerre mondiale. Presque tous avaient été vandalisés et occupés par des SDF. Certains étaient encore barricadés de portes blindées impossibles à ouvrir. Le maréchal des logis, qui dirigeait les recherches, en fit part à Gordon.

-C’est un élément neuf, répondit-il, veillez bien avec les chiens. Je suis bloqué à Ballater. Dès que je le peux, j’arrive.

Les gendarmes continuaient leurs patrouilles. Les chiens s’énervaient particulièrement devant la porte blindée qui semblait plus résistante que les autres.

-Et si on la faisait sauter ? dit le chef.

-Trop dangereux ! répondit Gordon vous pourriez les blesser à l’intérieur.

Après quatre heures d’attente, le matériel lourd arriva enfin. Des scies circulaires à métaux et des leviers mirent un temps infini à créer une brèche praticable. La nuit était tombée. Les gendarmes appelèrent Gordon pour pénétrer dans l’ouvrage.

Une heure plus tard, l’hélico se posait.

-Vous auriez dû entrer immédiatement, reprocha Gordon aux pandores, ils ont pu s’échapper à la faveur de la nuit.

Armés de grosses torches, Gordon et ses sbires parcoururent un long couloir qui débouchait sur une salle de modestes dimensions avec deux lits assez bas. Les murs étaient tapissés d’images pornographiques avec des personnages cagoulés qui semblaient avoir pour centre d’intérêt, une jeune fille qui ressemblait étrangement à Charlène.

-Photographiez-moi tout cela avec agrandissement maximal. Ce ne doit pas être Charlène. Si c’est elle, elle est leur complice et depuis longtemps. Cet endroit est idéal pour des parties justiciables d’interventions policières : pédophilie criminelle par exemple ou séances sadomasochistes. La proximité de la mer peut faciliter la disparition des cadavres. Mais qui sont ces personnages ?

L’attention de Gordon fut attirée par un tatouage sur le bras droit de l’homme en action : un petit drapeau pirate noir avec tête de mort et tibias croisés.

-Celui-là ne sera pas difficile à identifier.

-Si on lui met la main dessus ; répliqua le maréchal des logis soudain sceptique.

-C’est bien vrai ! dit Gordon, faites venir l’identité judiciaire pendant que nous poursuivons notre recherche.

Le couloir se terminait par une autre porte blindée, celle-là en parfait état et bien graissée. Il suffit aux

techniciens de scier la serrure. Les poursuivants tombèrent avec stupeur sur le corps d’une jeune fille recroquevillée sous une blouse d’infirmière.



(à suivre)


Clausewitz

23/08/2011

Revoir Françoise - 48 - La disparition - le 23 août 2011

Revoir Françoise - 48 - La disparition - le 23 août 2011

La chasse à la Coccinelle fut lancée sur toute la région d’Édimbourg.

-Ils doivent être tout près, on va leur mettre la main dessus. Ah, ah, ils n’ont plus que la mer pour s’enfuir et la mer, je la contrôle avec mes avions et mes hélicoptères.

Je n’avais plus envie de rire. Le fameux homme en noir nous avait déjà joué tant de pieds de cochon que la prudence était plus que jamais de mise.

Après deux heures de patrouille, Scotland Yard avertit Gordon que l’on venait de retrouver la coccinelle sagement garée sur un parking à trois cents mètres de la plage.

-Shit ! dit Gordon, (c’est moins grossier en anglais). Il s’est embarqué sur quelque chose. Je déclenche les recherches maritimes…

Mais la mer était d’un calme, elle virait même au bleu. La température s’était adoucie. Les hélicos et les avions de surveillance revinrent bredouilles : rien du tout dans un rayon de vingt kilomètres.

- Ils ne se sont quand même pas évaporés ! Je vais faire ratisser la côte, fouiller les moindres recoins.

Peine perdue, les fugitifs étaient introuvables !

Gordon installa une veille. Plus de trois cents hommes armés surveillaient les parages. Plusieurs équipes patrouillaient le long du rivage.

-Il faut rentrer à Ballater, dis-je. Avec votre aide, je vais cuisiner Murray en profondeur. Nous n’irons pas jusqu’à la torture, mais presque. Il parlera ! Il détient la clef du mystère.

À regret, Gordon quitta le champ de bataille. En une heure de vol, nous étions à Ballater. Murdoch Mac Murphy avait convoqué son banquier avec la somme d’un million de livres en petites coupures. Avec le comptable, les trois hommes recomptaient les billets.

Gordon et le Yard considéraient que payer cette foutue rançon était une sorte de trahison, un manque de confiance en leurs compétences. Pour Françoise et moi, c'était un soulagement. On aurait peut-être une chance de récupérer Charlène vivante. Et puis, qu’était-ce un million de livres pour le Lord ? Une pichenette, un pourboire ?

Nous demandâmes un entretien super privé à Murdoch.

-Nous n’avons plus confiance en personne, pas même en votre comptable. Nous devons interroger Murray avec la dernière énergie. Je suis certain, ajouté-je qu’il connait toute la conspiration. Il faut le faire parler.

-On le fera parler ! dit Mac Murphy, même si je dois rouvrir l’ancienne salle de tortures.

-Nous n’irons peut-être pas jusque là, dit Gordon, mais un interrogatoire classique par mes spécialistes qui se relayent toutes les quatre heures, sans boire, sans drogue, sans fumer, sans manger, cela vient à bout de bien des résistances.


(à suivre)


Claus ewitz

22/08/2011

Revoir Françoise -47- Il y a un traître parmi nous - 23 août 2011




-Il y a incontestablement un traître parmi nous ? À Scotland Yard ? Peu probable. Encore réfléchissait-il, que l’on peut avoir informé sir Murdoch : il est pendu au téléphone. Il en aura parlé avec le reste de son état major qui se limite désormais au pasteur, au comptable et à Murray, puisque tous les autres sont partis.

-Je me demande où ils peuvent bien être, ajoutai-je. Je m’interroge au sujet de ce Douglas Mac Dowel.

Gordon convoqua à nouveau son équipe de labo. Le sang était de Charlène. Il était impossible d’en connaître l’origine. Les cheveux aussi. Gordon ajouta, sur le ton de la confidence : il y avait aussi quelques traces de sperme. Elles avaient été essuyées, mais les experts en recueillirent assez pour une analyse ADN.

-Quel est le résultat ?

-Le porteur est inconnu au fichier. Nous allons, avec l’aide de Duncan, le maître d’hôtel, qui est des nôtres, dresser la carte des ADN de tous les habitants de Ballater. Il suffit d’un verre où l’on a bu. Nous allons aussi dresser la carte des empreintes digitales des personnes qui sont passées par la villa. Ils n’ont certainement pas eu le temps de les effacer toutes. Là aussi Duncan nous sera d’une aide précieuse.

Je ne voulais pas informer Françoise de toutes ces horreurs. Il sera temps de le lui dire quand les preuves seront établies. Gordon me prit à l’écart :

-Je suis très pessimiste, s’ils l’ont violée, ils ne la laisseront pas en vie… D’ailleurs, pourquoi la violer ? Le coupable doit avoir de nombreuses autres occasions.

Les experts confirmèrent que les traces de pneus correspondaient parfaitement aux traces relevées à la clinique.

Nous étions vraiment sur la bonne piste.

-Que faire maintenant qu’ils se sont encore échappés ?

-Je vais commencer par bloquer tout le périmètre. Ils ne doivent pas avoir beaucoup d’avance. Chasse aux vieilles Mini ! Il doit y avoir au moins quatre passagers. Une vieille Mini avec quatre personnes à bord, c’est facilement repérable.

Françoise tournait dans la villa. Les experts la bousculaient, mais elle croyait avoir les yeux plus ouverts qu’eux.

-Que porte-t-elle comme vêtements ? réfléchissait-elle : uniquement le tablier de l’infirmière. Dans son lit, elle n’avait ni soutien-gorge, ni culotte et elle n’avait pas pris les sous vêtements de Maureen. Elle doit avoir eu froid sur la route.

Gordon reçut un appel d’urgence. On avait retrouvé la Mini abandonnée sur un parking, mais les fugitifs en avaient volé une autre, une Volkswagen Coccinelle grise. La chasse reprit.


(à suivre)



Rappel
Françoise Delorme : la petite fille de mes 12 ans
Charlène Mac Murphy : fille de Françoise
Carl Fréson : le narrateur
Murdoch Mac Murphy : le Lord écossais.
Murray Mac Murphy : son petit fils
Hélène Mac Murphy : beauté vénéneuse, petit fille du Lord
Gordon Wallace: lieutenant de Scotland Yard, Malabar.
George Raspberry: comptable (relations avec Mary Higgins)
Percy Cranagh: clergyman (relations avec Mary Higgins)
Douglas Mac Dowel : intendant, ancien colonel de parachutistes.
Mary Higgins : secrétaire, derrière un look de vieille fille, une Messaline.
Duncan




Clausewitz

Revoir Françoise - 46 - Une piste - Le 22 août 2011


C’est avec un Gordon épuisé et découragé que nous sortîmes de l’hôpital. Charlène avait tourné à droite. Deux pisteurs du Yard, avec leurs chiens, vinrent nous rejoindre. Ils repérèrent immédiatement la trace de la jeune fille. On voyait nettement la marque de ses mules d’infirmière. Les empreintes s’arrêtaient après trois cents mètres. Une voiture avait stationné un long moment et avait laissé une tache d’huile dans l’herbe du bas côté de la route. Les pneus étaient presque lisses. En mesurant l’empattement et le calibre des pneus, les chercheurs restreignirent le nombre de véhicules possibles à une demi-douzaine. Il ne s’agissait en tout cas ni de Land, ni de Range Rover. Plutôt un petit véhicule du genre Mini Cooper. Les traces de la voiture disparaissaient sur la route.

-Lancez la recherche d’une vieille carriole genre Mini, avec pneus usés, dans un rayon de 50 kilomètres , dit Gordon. C’est un peu vain, mais parfois le hasard fait bien les choses.

La machine de Scotland Yard est vieille, mais bien huilée. En possession de ces données, le bureau d’identification dressa en un clin d’œil, la liste de toutes les minis de quatre à cinq ans d’âge, le temps qu’il faut pour user des pneus de la sorte. Une heure plus tard, les visites aux propriétaires commençaient.

Pendant ce temps, avec Françoise, (Gordon était retourné à l’hôpital), nous continuions de scruter l’endroit de l’embarquement supposé. On voyait nettement le piétinement de Charlène s’asseyant dans l’auto. Quelque chose de brillant attira l’attention de mon co-limier. Françoise enfila un gant de latex et retira, un peu enfoncée dans la boue, une petite clef qui ne pouvait être que celle de la chambre de Charlène. Elle la glissa dans un petit sac de plastique.

-C’est bien d’ici qu’elle est partie, dit-elle. Il faudra faire voir l’objet par le labo. Gordon appelait.

-On vient de trouver une Mini, correspondant à la description, dans le jardin d’une villa près de Leith, au bord de la mer. Je passe vous prendre. Il nous fallut une heure pour atteindre la petite ville.

La villa était vide. On voyait les traces d’un départ précipité : nourriture sur les tables, cendriers pleins, verres à moitié vides. Le pavillon voisin contenait une petite salle de gymnastique avec, curieusement, un lit taché de sang. Sur un oreiller, il y avait une poignée de cheveux que Françoise reconnut comme ceux de sa fille.

-Ils doivent l’avoir violentée, dit-elle dans un sanglot.

-Quelqu’un les a prévenus ! ajouta Gordon.


(à suivre)

PS, Une nouvelle panne de VOO a empêché Clausewitz de publier l'épisode 46 à l'heure habituelle. Il prie ses gentils lecteurs de l'en excuser.







Clausewitz