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10/08/2011

Revoir Françoise XXXV Le 11 août 2011 Incroyable comptable


Françoise tombait de sommeil Je vais dormir, dit-elle. Viens me réveiller pour le lunch. Je l’accompagnai jusqu’à sa chambre. Elle titubait. Elle se laissa tomber sur le lit et s’endormit immédiatement. Je repris mes interviews. Je frappai à la porte du comptable. Une vraie photo comique. Il avait un crayon rouge et bleu à l’oreille ; il portait une visière verte et des manchettes en lustrine. Avec des lorgnons sur le bout du nez, il n’attendait que l’appareil photographique pour le croquer. J’avais du mal à ne pas rire, un vrai dinosaure; mais aimable, affable, accueillant. Il m’avança un siège et me demanda en quoi il pouvait m’être utile. Je lui demandai comment il comprenait cette histoire de kidnapping. Considérait-il l’affaire comme sérieuse ou plutôt comme une mauvaise blague dirigée contre Charlène elle-même ou contre Mac Murphy. Il garda un instant le silence.

- Il m’est difficile de vous répondre, articula-t-il lentement. Je crois savoir des tas de choses mais je n’en suis pas sûr. La position de Charlène est particulière : tout le monde la déteste ! Tout le monde lui veut du mal à cause de cette histoire d’héritage, mais aussi parce qu’elle est arrogante, prétentieuse et querelleuse. Elle est devenue la véritable maîtresse du château. Cela rappelle la pièce « La ville dont le prince est un enfant (1)». Le Lord en est complètement fou. Il se mettrait à genoux devant elle. J’en suis venu à évoquer, mais c’est certainement faux, une histoire de pédophilie. Dans ce cas, il serait possible que ce fût la petite elle-même qui fasse chanter le patron. Mais cette thèse me met mal à l’aise. Elle est trop invraisemblable. Mac Murphy adorait son fils Donnald. Charlène est tout ce qui lui reste. La question : pourquoi est-il si laxiste avec elle ?

-Quel âge a-t-elle ?

-Elle vient d’avoir quinze ans, mais elle en paraît dix-huit. C’est une femme et c’est une allumeuse. Elle se moque des hommes dont elle a soulevé l’intérêt, d’où, bien des rancœurs.

-Le tableau que vous brossez est bien sombre ; c’est une véritable peste !

-Elle ne s’est jamais attaquée à moi. Il est vrai que je ne suis pas le parangon de la séduction masculine. Il se tordait et moi aussi.

-Vous êtes célibataire ?

-Oui, mais j’ai de petites compensations. Ce n’est un secret pour personne : miss Higgins a parfois quelques bontés pour moi.

J’étais sidéré, estomaqué. Voilà que cette Mary Higgins que je croyais à des années lumière de tout érotisme, devenait la Messaline du château. Question : baisait-elle aussi avec Mac Murphy ? Décidément le sexe demeure le fil conducteur de toute affaire criminelle.

(à suivre)

1) Montherlan

Revoir Françoise XXXIV le 10 août 2011 Charlène sous surveillance



Le motard de poursuite était grièvement blessé. Il n’était pas interrogeable. On ne disposait d'aucune description de la voiture en fuite. Charlène était murée dans le silence. Gordon, plus ou moins remis de son ko, organisa un véritable siège. Les membres du personnel qui entraient dans la chambre devaient porter un badge et montrer patte blanche. Quand on soignait la jeune fille, un homme du Yard se tenait debout contre la porte.

-Êtes-vous sûrs de la cuisine ? demanda-t-il au chef de service.

-Absolument ! Elle est strictement interdite aux étrangers.

-Je vais placer devant la porte une dame du Yard ayant son diplôme d’infirmière. Les médicaments et les perfusions seront vérifiés par elle selon votre ordonnance. Il faudra sortir les drogues des boîtes de spécialité.

-Je n’ai jamais rencontré un tel luxe de précautions. C’est comme dans les romans sur la Mafia.

-Je viens d’être pris de court deux fois par les kidnappeurs. Je ne me méfierai jamais assez. Ne soyez pas surpris de la surveillance de mes agents.

Charlène continuait sa bouderie. Ou elle avait peur ou elle désapprouvait les contrôles. On allait la laisser mariner à petit bouillon et sembler se désintéresser d’elle.

-Je veux un téléphone portable ! exigea-t-elle.

-Pourquoi un portable ? Vous avez un fixe sur votre table de nuit.

-Un fixe, c’est indiscret. Tout le monde peut écouter ce que je dis.

-Exact ; répondit Gordon qui disposait de toutes les facilités du monde pour surveiller les portables. Vous l’aurez cet après-midi. Je me demande même si je ne pourrais pas vous rendre le vôtre que nous avons trouvé sous le siège de la Land Rover. Vous faut-il un technicien pour le régler ? Avez-vous besoin d’un annuaire ?

-Non, merci, je règlerai l’appareil moi-même et je connais par cœur les numéros qui m’intéressent.

Gordon transforma la petite salle d’attente en chambre confortable avec deux lits jumeaux. Il y avait une douche et des toilettes dans le corridor. Il fit doubler la garde et exigea qu’un agent restât toujours éveillé. Pendant les heures d’ouverture de la clinique, un flic en civil siégeait devant la porte des ascenseurs avec pour mission d’intercepter tous les hommes minces de haute taille.

Une camionnette de police avec deux agents et un nouveau motard sur Triumph stationnaient à l’entrée du bâtiment. Ils notaient les voitures qui déposaient des visiteurs: marque, couleur et plaque. Tout était photographié.

(à suivre)

08/08/2011

Revoir Françoise 9 août 2011 XXXIII Le tousseur


Après l’appel du clairon, je sommeillais encore quand, dans le couloir, j’entendis la toux grasse qui m’avait fait dresser l’oreille dans le bureau de la secrétaire Mary Higgins. Malgré ma nudité, j’entrouvris la porte et vit, de dos, l’honorable clergyman assis à côté de Mary lors de la réunion. Surprise : les deux personnes le moins sexy de l’assemblée étaient amants ! Pourquoi pas ? La grande question, et souvent le fil conducteur d’une affaire, est « qui baise qui ? » On voit cela dans tous les romans policiers. J’avais un puzzle devant moi. Je devais évaluer les couples possibles. Quelle était la compagne de l’intendant Douglas Mac Dowel ? D’après la silhouette de mon fantôme, Hélène était la première candidate. Mais alors, pourquoi me faire un tel gringue ? Autre question : baisait-il aussi Charlène ? C’était peut-être un amateur de lolitas ? Encore que, comme lolita, Hélène était un peu mûre. Murray Mac Murphy et Hélène ? Peu probable, mais possible. Et le comptable ? Inimaginable de le compter parmi les candidats, mais, après la surprise du clergyman, je devais m’attendre à tout.

Je m’habillai en vitesse et, en passant devant la chambre d’Hélène, je fus happé par une main étonnamment puissante. Elle se jeta à mon cou, me serra de toutes ses forces en répétant : « Je n’ai que toi ; je n’ai que toi ! » Elle me mettait dans un état indescriptible. Je perdais la tête. Elle se collait contre moi en répétant la même phrase. Le charme cessa brusquement quand nous entendîmes « hum, hum » dans la pièce voisine.

-Sauve-toi ! me dit-elle en ouvrant la porte. Je pensais à mon professeur d’urologie qui décrivait la
"colique du fiancé", sorte de spasme des canaux déférents des fiancés chastes.

Chaque fois, je suis sauvé par le gong ! Mais s’agit-il bien d’un sauvetage ou essaye-t-on de me noyer?

-J’étais au breakfast quand un hélicoptère se posa dans le parc. Françoise et Mac Murphy en descendirent en souplesse. Ils rejoignirent la salle du petit déjeuner. Ils étaient pâles et défaits. On voyait sur leur visage les traces de leur nuit blanche. Ils s’installèrent à leur place habituelle. Duncan vint immédiatement les servir et me fit signe de les rejoindre.

-Nous l’avons retrouvée, mais elle est dans le coma, dit Françoise, et les médecins s’inquiètent de ses arrêts respiratoires.

-Pas de nouvelles de Gordon ?

-Non, il nous a mis dans l’hélico et l’a rejointe à l’hôpital. Il ne veut pas la lâcher d’une semelle.

(à suivre)

07/08/2011

Revoir Françoise 8 août 2011 chapitre XXXII Retour en Merlin


Le chef de service n’était pas rassuré. Il s’inquiétait des arrêts respiratoires. Il voulait plusieurs examens omplémentaires. Il renvoya Françoise et Murdoch à Ballater. Gordon Wallace, l’homme de Scotland Yard, inquiet,

refusait de quitter sa protégée. Elle poussa de hauts cris quand il voulut s’installer dans le fauteuil de sa chambre.

-Et je vous aurais dans les jambes chaque fois que j’aurai besoin de faire pipi ? Je ne veux pas d’homme dans ma chambre ; fût-il le chancelier de l’échiquier.

Gordon s’installa dans une petite salle d’attente annexe. Il n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Il tomba immédiatement dans un sommeil sans rêves. Il fut réveillé par un cri perçant et se précipita chez Charlène. Un homme de haute taille, en sortait. Il était tout en noir, avec un chapeau enfoncé jusqu’aux yeux. D’un crochet du gauche au menton, il mit ko le policier à peine réveillé et s’enfuit en direction des ascenseurs. Gordon se releva difficilement. À la boxe, il aurait été compté jusque dix. Par son portable, il alerta ses collègues de l’entrée du bâtiment.

-Oui, ils venaient d’apercevoir un homme en noir qui sortait précipitamment. Il avait couru vers une voiture sur le parking, dissimulée par la verdure. Ils n’en avaient pas noté la marque.

Elle démarrait.

-Il me le faut, il me le faut. Alertez tout le monde, l’hélico de la police routière compris. N’y a-t-il pas, parmi vous, un motard pour se lancer à sa poursuite ?

Une Triumph Tiger 1050 speed, s’élança dans un bruit d’enfer, une bête féroce de plus de 1000cc, capable d’atteindre 200kmh.

- Avec cette machine aux fesses, y va pas courir bien loin, votre homme en noir ! dit un maréchal des logis hilare.

Comme il disait ces mots, on entendit au loin une explosion et un bruit de tôles froissées. L’hélicoptère appelait :

-Votre truand est un champion ! À grande vitesse, il s’est laissé approcher par la Triumph, puis il a freiné à mort. La moto est passée au dessus de la voiture, le motard fut éjecté au loin et l’homme en noir s’enfonça, à droite, dans une forêt de pins. Nous ne le voyons plus.

-Oh, oh se dit Gordon. Notre homme est un champion. Cela réduit singulièrement les candidatures. Retournons près de la petite. Elle a certainement beaucoup de choses à nous dire.

Charlène faisait à nouveau la gueule. Murée dans le silence, elle semblait terrorisée.

(à suivre)

06/08/2011

Revoir Françoise le 7 août 2011 Chapitre XXXI D'où vient ce sang?



La blessée fut déposée sur la table d’un petit bureau médical. Elle avait des arrêts respiratoires. Le médecin fit un examen bref, nota les tâches de sang et quelques tuméfactions sur les membres et le dos. Il décida de la transférer à Édimbourg, un des meilleurs services de neurologie du monde. Un Merlin, avec un plus long rayon d’action, fut chargé du transport. Françoise, Murdoch et Gordon grimpèrent dans l’appareil. Il y avait de l’oxygène à bord. Le commandant brancha immédiatement la blessée.

À l’hôpital, les urgentistes la prirent en charge. Les dosages montrèrent une intoxication aux benzodiazépines[1] et à l’alcool. Le sang était bien d’elle, il provenait d’une épistaxis[2]. On lui avait écrasé le nez en l’anesthésiant. Les examens de routine étaient négatifs. Il fallait attendre, peut-être plusieurs heures, qu’elle se réveillât.

Sur les lieux de la séquestration, les pisteurs-démineurs avaient trouvé des traces de pas, des traces de fuite, mais elles s’arrêtaient à la mer. Vers 22 heures, les habitants avaient entendu du remue ménage de côté de la cabane, mais cela n’avait pas duré longtemps. La nuit s’était passée dans le silence.

-Que voilà une bien étrange histoire, dit Gordon dans le corridor de la clinique où, tous les trois, ils attendaient le réveil de la petite. Rien n’est logique. Pourquoi l’endormir si brutalement ? Elle doit avoir identifié son accompagnateur. Comment comptaient-ils la nourrir ? L’hydrater ? Pourquoi la droguer ? Où se sont ils réfugiés. Autant de questions sans réponses. Il doit y avoir une foule d’empreintes digitales dans la cabane et dans la Land Rover. Nous devons nous armer de patience.

-Pourvu qu’elle ne garde aucune séquelle de ces mauvais traitements ! dit Françoise. Elle devait connaître ses ravisseurs. Elle paraissait si joyeuse aux habitants de Scrabster.

-La clef du mystère doit se trouver chez nous, dit Murdoch. J’espère que votre fameux détective belge a déjà déblayé le terrain. J’espère qu’il n’aura pas été mangé par mon autre petite fille. Elle semblait l’avoir choisi pour proie.

Françoise sentit une inquiétude lui nouer les entrailles. En effet, sans réfléchir, elle avait laissé son amoureux dans les griffes de cette ogresse. Dans quel état serait-il à son retour ?

Un infirmier vint leur annoncer que Charlène se réveillait.

Elle avait été rafraîchie. On lui avait noué les cheveux. Le sang avait disparu. Elle fit un sourire-grimace quand ses accompagnateurs entrèrent dans la chambre.

-Ma petite fille, gémit Françoise en se jetant dans ses bras. Murdoch la bouscula un peu pour l’embrasser aussi.

Il semblait porter cent kilos (200 livres !) de moins.


(à suivre)

[1] Benzodiazépine : médicament du genre Valium

[2] Épistaxis : saignement de nez.

05/08/2011

Revoir Françoise 6 août 2011 Chapitre XXX L'assaut

Dès le lever du soleil les îles Féroé étaient investies par plusieurs unités de la Royal Navy et survolées par un essaim d’hélicoptères Seaking et Merlin.

Mac Murphy, en tenue de combat, commandait les troupes d’assaut. Le petit yacht était amarré dans le golfe de Selatrad. Au sommet de la colline de Hvalvic et un peu à l’écart des quelques maisons, les hélicos repérèrent une masure isolée. Mac Murphy s’écria : c’est là ! Le Seaking où il se trouvait déverrouilla son écoutille et, quelques instants plus tard, il y avait deux paras devant l’entrée. Mac Murphy suivit avec une légèreté inattendue chez ce poids lourd.

Il donna un coup d’épaule, la porte tomba en morceaux. Près de la fenêtre, il y avait un lit avec une forme humaine recouverte d’une couverture. Charlène, nue et attachée par des menottes aux quatre coins de la couche, ronflait bruyamment. Elle avait du sang sur le visage, dans les cheveux et sur le ventre. Murdoch la recouvrit par pudeur et demanda des outils pour couper les chaînes. Une trousse fut descendue de l’hélicoptère. Les paras scièrent les entraves en un tournemain. Le grand-père, enveloppa sa petite fille dans la couverture, la prit dans ses bras et remonta dans l’hélico. Il dit aux parachutistes :

-Restez de garde, ne touchez à rien. Les gens du Yard vont venir relever les indices. Quelques instants plus tard, un gros Merlin se posait près de la maisonnette. Quatre détectives en combinaison blanche débarquèrent avec leur matériel : des cameras, des appareils photos et toutes sortes de récipients pour recueillir les prélèvements. D’autres Merlins atterrissaient et débarquait les enquêtrices du Yard et un groupe d’experts démineurs qui se mit à explorer le terrain centimètre par centimètre. Le pilote du Seaking était une femme. Sans bouger de son siège, elle donna à un sergent, un valisette de linge de rechange. Murdoch y trouva une petite culotte et un T-shirt pour couvrir la nudité de Charlène. Les paras se détournèrent pudiquement, ce qui fit sourire la pilote.

-En avant pour Scrabster ! dit Murdoch. La pilote, Maggy, communiqua son départ au chef d’escadrille et, direction sud, se dirigea vers le petit port.

Il y avait une prairie derrière le bureau du Yard. Maggy posa doucement son engin et les paras, sur un brancard de marine, enlevèrent Charlène et la dirigèrent vers le bureau où les attendaient Gordon, Françoise et un petit monsieur à lunettes qui ne pouvait être qu'un médecin légiste.



(à suivre)

04/08/2011

Revoir Françoise le 5 août 2011 Chapitre XXIX D'où vient cette bagnole?


Première surprise, la voiture était une vieille Land rover avec une roue sur le capot et deux bidons d’essence vides à l’arrière. De toute évidence, elle ne provenait pas de l’écurie Mac Murphy. Gordon fit sauter les scellés. À l’intérieur régnait une vague odeur d’éther ou de chloroforme.

-À mon avis, c’est ici qu’elle a cessé de rigoler !

Il y avait des tâches de sang sur le siège avant droit, le siège du conducteur.

-Ils ont abandonné la Land pour prendre un bateau. Mais ce n’est pas très discret. Plusieurs personnes doivent les avoir vus, même la nuit. On ne roule pas sur l’estacade après le coucher du soleil. En effet, une équipe de détectives écossaises du Yard, avaient déjà interrogé le voisinage et une vieille femme, hallucinée par un débarquement de Vikings, passait ses nuits à observer le port à la longue vue. Elle avait vu la voiture. Une jeune fille en était sortie et un grand bonhomme lui avait appliqué un tampon sur le visage. Elle s’était débattue, puis inerte, il l’avait complètement déshabillée et revêtue de vieux vêtements de marin. Un petit yacht, sorti de la nuit, les avait embarqués. Le géant portait la jeune fille dans ses bras.

-Le sang provient d’une blessure faite quand elle se débattait.

-Ou elle était simplement réglée, dit Françoise, qui pensait en femme.

-Les analyses nous le diront.

-Est-ce son sang ? Il nous reste à retrouver le yacht. Nous allons passer en revue les témoignages recueillis par nos collègues.

Il est facile de dresser le portrait robot d’un bateau. Les habitants les connaissent tous. Les yachts étrangers sont immédiatement identifiés. Celui-ci était d’origine inconnue. Personne ne l’avait jamais vu. Le portrait robot était très précis. Toute la police maritime fut vite alertée par fax.

Il était trop tard pour repartir dans le mauvais temps. Françoise et Gordon s’installèrent au Ferry Inn, aux confins de l’A9 d’où on avait une vue panoramique sur la mer. Au dîner, le kidnapping occupait toutes les conversations.

-On va les retrouver tout de suite, dit l’aubergiste. Il est impossible de dissimuler un yacht, même petit, au contrôle maritime. Ils patrouillent tout le temps en vedettes rapides, en avions et en hélicoptères. Les iles Shetland et Féroé sont particulièrement surveillées. Elles ont longtemps servi aux contrebandiers de tout poil.

(à suivre)
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03/08/2011

Revoir Françoise le 4 août 2011

Revoir Françoise XXVIII
Enquête à Scrabster


Avant de partir pour Scrabster, Françoise et Gordon Wallace allèrent vérifier les Range Rover. Elles étaient toutes à leur place, plus étincelantes que jamais. Pas la moindre trace de boue. Gordon interpella les garagistes : avaient-ils, tout récemment, lavé une Range couverte de boue ? Réponse négative.

-Laquelle de ces voitures appartient à Charlène ?

-Aucune, elle n’a pas encore son permis de conduire. L’un de nous lui sert de chauffeur. Lord Mac Murphy est très strict sur ce sujet. Elle est autorisée à conduire dans le parc quand elle est accompagnée d’un moniteur.

-Une voiture manque-t-elle à l’appel ? Non.

Qu’est-ce que c’est que cette histoire de voiture retrouvée à Scrabster avec des vêtements ensanglantés?

Françoise était aussi perplexe que Gordon. Ces renseignements étaient bidon. Et la voiture boueuse qui avait foncé sur nous était de provenance inconnue.

-Vos informations venaient d’où ?

-De mon bureau sur place. Nous serons renseignés à Scrabster.

Les deux « détectives » se mirent en route dans la Range Rover noire de Scotland Yard.

- Nous en avons pour quatre heures de mauvaises routes, dit le géant. Il faudra loger sur place.

Le temps était à la pluie, les routes boueuses et de fortes rafales de vent d’ouest bousculaient, par moments, le lourd véhicule. Quel climat dégueulasse ! pensait Françoise. Quand je pense à la vallée de la Meuse où la pluie est si douce.


Le bureau de Scrabster était minuscule. Le détective de service se leva en claquant des talons.

-Vous venez pour l’affaire Mac Murphy, Lieutenant? Il sortit une chemise d’un tiroir. En première page, il y avait une très jolie photo de la jeune fille avec un sourire triste qui fit se tordre quelque chose dans le cœur de Françoise. Pourquoi triste ? pensa-t-elle, elle a tout ce qu’elle désire et même davantage.

Gordon parcourut le dossier et demanda :

-Pourquoi dites-vous que cette voiture lui appartenait ?

-Parce qu’elle la conduisait. Elle a tourné un moment dans le port. Plusieurs personnes l’ont vue au volant.

-Elle était seule ?

-Non, elle était accompagnée d’un homme de haute taille avec un chapeau enfoncé jusqu’aux yeux.

-Avait-elle l’air effrayé ?

-Non, tous les témoins affirment qu’elle ne cessait de rire. Ils ont abandonné la voiture sur l’estacade. Nous l’avons retrouvée le matin avec ces vêtements tachés de sang.

-Pourquoi dites-vous que ce sont ses vêtements ?

-Parce que ce sont des vêtements féminins, de jeune fille. Elle semble avoir été complètement déshabillée. L’origine des taches de sang ne nous apparaît pas clairement. Dès votre passage, je comptais les envoyer à Édimbourg pour analyses.

-Où peut-on voir cette voiture ?

-Elle est garée dans la cour. Nous y avons apposé les scellés.



(à suivre)

02/08/2011

Revoir Françoise le 3 août 2011




Revoir Françoise chapitre XXVII.


par Christian Oosterbosch, mardi 2 août 2011, 16:17
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Vos changements ont été enregistrés.



Revoir Françoise XXVII

Le vent du boulet

Mac Murphy baissa la voix et me souffla.

-Elle vous a laissé tomber ? Après le rentre dedans d’hier soir, quelle froideur !

Je faisais l’imbécile : je n’avais rien remarqué. Il y avait quelque chose à voir ? Elle était charmante, certes, mais ce n’était pas vraiment mon type de femme.

-Vous étiez au bord de la syncope quand elle vous a glissé un papier dans la main. Je vous accorde qu’elle est dangereuse, terriblement dangereuse, votre système de l’indifférence est la seule parade possible. Je vous souhaite bon courage. Certaines femmes sont des concentrés de poison. Elles jouent avec nous comme avec des billes.

On passait au whisky et aux cigares. Je pus m’échapper assez tôt. C’est avec un formidable soupir de soulagement que je me laissai tomber sur mon lit. Je revêtis ma tenue de nuit (rien) et me mis à lire une revue sur l’Écosse qui faisait la part belle à Nessie et à ses aventures. La dernière : il aurait avalé le trésor des Nazis, une énorme masse d’or qui rendait sa digestion un peu lourde.

Vers onze heures, ma tentatrice entra en coup de vent. Elle n’était vêtue que de sa chemise transparente du matin. Elle se jeta sur mon lit en pleurant. Oui, de vraies larmes ! Elles coulaient dans mon cou.

-Personne ne m’aime dans ce château. Vous êtes la seule branche où m’accrocher.

Impossible, tout à fait impossible, de résister. Sans me découvrir, je la pris dans mes bras en caressant ses longs cheveux épars :

-Ce n’est pas vrai ! Tout le monde vous adore. D’ailleurs comment ne pas vous adorer, vous êtes la beauté et le charme réunis. Vous avez la fraîcheur des petites filles et les appâts des vraies femmes. Tous les hommes sont fous de vous.

-Vous aussi ? murmura-t-elle, en cherchant mes lèvres. Je pensais à Françoise, quand j’entendis à nouveau le frottement du « fantôme » dans le corridor.

Ma petite compagne se raidit, sauta du lit et disparut. Je la suivis assez vite pour la voir rentrer dans sa chambre derrière la grande ombre noire du premier soir.

J’avais senti le vent du boulet. J’avais été à deux doigts de la prendre. Ce qui restait d’intelligent en moi, pas grand-chose, me soufflait qu’il s’agissait encore d’une de ses diableries.

Mais ces larmes qui coulaient dans mon cou ? Ces frissons de chagrin ? Elle n’avait que moi où s’accrocher ! Je me secouais, je pensais à Françoise comme à une sainte tutélaire. Je m’endormis difficilement et rêvais de la sorcière de Blanche-Neige.

(à suivre)

01/08/2011

Revoir Françoise le 2 août 2011

Revoir Françoise XXVI 2 août 2011

Une chemise transparente

D’une démarche lascive, elle se dirigea vers un porte manteau et enfila, avec art, une chemise transparente. J’avais de nettes difficultés respiratoires. Peut-on faire une crise d’asthme à cause d’une femme nue ? C’est la dernière chose à laquelle je m’attendais à être allergique. Elle riait de son pouvoir. Elle l’exerçait avec maîtrise. J’étais comme un papillon sous le scalpel d’un entomologiste. Soudain grave, elle me congédia en me disant qu’elle me reverrait au diner et, qu’après, on verrait.
Je m’appuyai sur le mur du corridor, puis je gagnai ma chambre. J’avais toujours en main les feuilles de Mary Higgins. Je tombai sur le lit pour reprendre mon souffle. Tu ne crois pas aux fantômes, me dis-je, pourtant tu viens d’en voir un. Encore qu’il était en chair (oh combien) et en os. Le calme revenait. Je me mis à lire. C’était le PV classique dans toute son horreur : le jour et l’heure, la présidence, les assistants, quelques paroles de lord Mac Murphy, de Gordon Wallace, l’entrée venteuse d’Hélène (elle ne parlait pas de sa petit culotte dont la vision avait pourtant été le seul événement intéressant du colloque) ; l’arrivée de Douglas Mac Dowel, dont on notait le silence, et c’était tout.
Me voilà bien avancé encore que j’aie appris que Mary Higgins avait peut être une vie sentimentale plus agitée qu’on ne le pensait. Au diner j’observerais les tousseurs. J’étais certain de pouvoir reconnaître la toux grasse de tout à l’heure.
J’avais osé le nœud papillon bordeaux. Je m’assis près du seigneur des lieux. Une place restait libre à ma droite. Elle ne fut jamais occupée. Miss Hélène fit son entrée. Elle était encore plus élégante que de coutume. Elle alla s’asseoir à côté de Douglas Mac Dowel et ne me jeta pas le moindre regard.
- Je suis vraiment la souris et elle le chat ! Je m’étais toujours considéré comme un homme intelligent. Voilà que j’avais un doute. Un homme intelligent peut-il se laisser manipuler de la sorte ? La meilleure solution c’était de demeurer coi. De ne pas bouger d’un cil. Elle n’existait pas, un point c’est tout !
Je relançais la conversation sur les bagnoles et, sur la pointe des pieds, car je n’y connaissais vraiment rien, sur le rugby, où les malabars pictes faisaient des ravages. Avec des oui et des oh, j’arrivais à maintenir la conversation. Mac Murphy était intarissable. Il y avait joué dans sa jeunesse et il racontait avec délices tous les placages et les mêlées où il avait écrasé ses adversaires.

(à suivre)